Paul Adam

Paul Adam

Résumé

Portrait de Paul Adam Paul Adam,  La glèbe

“ Oui, va Cyrille, prie Lucienne.
Il se décide. D'ailleurs l'autre n'en subira pas moins sa juste vengeance. Et puis il a tellement soif.
Ses lèvres pâteuses et molles se collent; sa langue sèche cherche en vain la salive dans sa bouche sèche.
Comme il ne faut pas, cependant, que les gens, s'il se retire, croient les moqueries permises, il sort à reculons, prêt à battre.
Dehors ses yeux errent par la place où s'écrase la lumière astrale. Il s'inquiète de l'ombre courte, torte, bleue, qui lui adhère aux talons. S'il pouvait il la chasserait; elle le gêne, l'obsède, offusque sa pupille.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Adam Paul Adam,  La glèbe

“ Sur la terre Cyrille s'est couché; et ses yeux cillent lacérés par les lueurs de l'air.
Il a fui la maison de peur de crime. Le Saint-Cyrien de Bressel causait bas à sa femme qui, écoutante, souriait. Ainsi les surprit-il sous les palmiers de la serre, au retour des champs. Il a fui pour ne point tuer. Et il courut des heures, des heures, à toutes forces, en rond. Puis, les forces éteintes, il tomba, capable enfin de ne plus se souvenir. Du moins la vision se disloque dans son imagination lassée, dans sa tête lourde. La douleur des muscles amende la douleur de l'esprit.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Adam Paul Adam,  La glèbe

“ La sueur lui coule sur les tempes, sur les joues, dans le cou. Des mouillures froides. Il se lèverait bien pour gagner cette bassine pleine d'eau, mais ses mains ne sont plus à lui, ses pieds ne sont plus à lui.
Il se mord et il ne sent pas la morsure. La chair de ses doigts paraît insensible, son nez dur comme le nez d'un cadavre, ses joues paraissent dures comme les joues d'un cadavre.
L'ombre flotte sur le carrelage rose. Comme la mer à Trouville n'a-t-elle pas flux et reflux? Tantôt l'ombre de la cheminée se berce là et tantôt elle se berce ici. Elle va baigner les jambes de Cyrille.
”
Source : Gutenberg

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