Marie Devoucoux

Résumé

Marie Devoucoux Pallas : 1914-1915 (1916)

Elles ne pleurent pas les morts jeunes et beaux, Redoutant de ternir sous des larmes amères, Cet éclatant rayon qui, jailli des tombeaux, Met un reflet de gloire au pâle front des mères !
OCTOBRE
L'automne a répandu ses ardentes couleurs.
Les arbres ont des tons plus riches que les fleurs ; Leurs cimes, sur les bois, font une étrange houle : On dirait une mer éclatante qui roule Les ondes du Pactole et la chaude liqueur Dont le flot généreux fait battre notre cœur !.
Ah ! cette vision, pourquoi n'est-ce qu'un rêve, Prêtant sa fantaisie au feuillage, à la sève?
Source : Gallica

Marie Devoucoux Pallas : 1914-1915 (1916)

« La langueur des déclins souffle dans les pipeaux De l'automne aux longs soirs tristes comme la tombe ; Laisse-moi !. Que nul bruit ne trouble mon repos ; Dans la paix, le silence et l'oubli, je retombe ! »
Elle a longtemps dormi, mais la sombre rougeur D'une aurore de sang se lève sur le monde : C'est la guerre !.
Source : Gallica

Marie Devoucoux Pallas : 1914-1915 (1916)

Ses ogives, ses nefs n'enchantent plus les yeux, Sa merveille de pierre est un monceau de cendres !
Elle a vu ses palais chanceler et se fendre, Leurs murs ensevelir des trésors précieux, La poussière voler, obscurcissant les cieux D'où la foudre, en éclairs de feu, semblait descendre.
Elle est l'autel fumant de l'immolation, Elle est une farouche et sombre vision, Ses débris calcinés dressent de noirs fantômes !.
Mais ses fils, arrêtant l'aigle infâme en son vol, D'un coin de la patrie ont su garder le sol : Son enceinte en ruine est toujours un royaume!
Source : Gallica

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