Georges Rodenbach,
Les Tombeaux
“ Le vieux cimetière s’est dénudé, une à une, de toutes ses tombes. Il n’y a plus qu’une immense herbe livide, dont la pâleur avère encore l’ancienne destination. Nul ne veut du terrain triste et n’a souci d’asseoir sa maison parmi des souvenirs d’ossements. L’enclos a trop appartenu à la mort pour se réconcilier avec la vie. Or, parmi cette solitude vide, à la place même où s’érigeaient les trois dalles debout, qui étaient jumelles et toutes voisines, il a poussé, on ne sait comment, un vaste Lys. ”
