Résumé

Rutebeuf Le dit de l'herberie

Pour guérir de la maladie des vers, la meilleure herbe qui soit dans les quatre parties du monde — vous la voyez de vos yeux, vous la foulez de vos pieds —, c’est l’armoise. Les femmes s’en ceignent la nuit de la Saint-Jean et s’en font des couronnes pour leur tête, et elles disent qu’ainsi ni la goutte ni les vertiges ne peuvent les prendre ni à la tête ni au bras ni au pied ni à la main. Mais je m’étonne que leur tête ne se brise pas et que leur corps ne se rompe pas par le milieu, tant cette herbe a en elle de puissance.
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Rutebeuf Le dit de l'herberie

Car si mon père et ma mère étaient en danger de mort et s’ils me demandaient la meilleure herbe que je puisse leur donner, c’est celle-là que je leur donnerais.
C’est comme cela que je vends mes herbes et mes onguents. Celui qui en voudra, qu’il en prenne ; celui qui n’en voudra pas, qu’il les laisse !
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Rutebeuf Le dit de l'herberie

Ces herbes, vous ne les mangerez pas : car il n’y a bœuf si robuste dans ce pays ni si robuste cheval qui, s’il en avait gros comme un pois sur la langue, n’en meure de male mort, tant elles sont fortes et amères ; mais ce qui est amer pour la bouche est bon pour le cœur. Vous me les mettrez trois jours à macérer dans du bon vin blanc. Si vous n’avez pas de vin blanc, prenez du rouge ; si vous n’avez pas de vin rouge, prenez de la belle eau claire : car tel a un puits devant sa porte qui n’a pas un tonneau de vin dans son cellier.
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