Résumé

Charles Coffin Éloges des vins de Bourgogne et de Champagne… (1712)

C'est toi qui d'un muet peux faire un Démosthène. Qui peux a l'idiot sans étude & sans peine Donner en un instant mille talens divers.
On voit des Soins la noire engeance Disparoître à l'aspect de ton jus enchanteur, Et le pauvre, que presse un rude Collecteur , Perdre le souvenir de sa triste indigence.
En vain la table offre des mets D'un superbe appareil, d'une saveur exquise : Si tu n'es du festin, le Bon Goût les méprise , Et ne compte pour rien leurs somptueux apprets.
Jusqu'aux cieux la Champagne élève De son vin pétillant la riante liqueur.
Source : Gallica

Charles Coffin Éloges des vins de Bourgogne et de Champagne… (1712)

Ce vin dont l'aspect seul enchante le buveur, N'est pas d'un bourgeon foible une humeur froide & cruë ; Autant que la couleur en réjouit la vuë, Autant en plaît au goût l'agréable saveur.
Τaisez vous envieux , dont la langue cruelle Veut qu'ici sous les fleurs se cache le venin, Connoissez la Champagne, & respectez un vin Qui des moeurs du climat est l'image fidèle.
Non, ce jus, qu'à grand tort vous osez outrager, De nuages fâcheux ne trouble point la tête, Jamais dans l'estomac n'excite de tempête,
Il est tendre, il est net , délicat, & léger.
Source : Gallica

Charles Coffin Éloges des vins de Bourgogne et de Champagne… (1712)

Il s'ouvre dans les reins une facile route,
Il n'y fait point germer de sable douloureux,
Et n'y prépare pas, séducteur dangereux, Par l'attrait du plaisir le tourment de la goute.
Vers la fin du repas, à l'approche du fruit, ( Car on doit ménager une liqueur si fine ) Aussi-tôt que paroît la Bouteille divine,
Des Graces à l'instant l'aimable Choeur la suit,
Parmi les conviez s'élève un doux murmure, Le plus Stoïque alors se déride le front.
Beaune alors céde À Reims, & confus de l'affront Cherche loin du buffet une retraite obscure.
Source : Gallica

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