“ Nous vivons ici dans une grande ville blanche près d’un lac paisible et fleuri. Qu’il soit donc loué, le Fort, le Bouclier d’Israël ! Car c’est ici, car c’est aujourd’hui que le sauveur viendra, et c’est nous qui annoncerons aux tribus dispersées l’heure de Dieu. C’est pourquoi il faut que le plus illustre d’entre nous, que le vénérable Hazanias s’en aille vers les fontaines et vers les puits, et il nous ramènera l’attendu, l’envoyé de l’Éternel. » Tous dirent : « Qu’il soit ainsi ! » Et parmi les jardins frissonnants d’aurore, Hazanias marcha vers la ville. ”
Éphraïm Mikhaël
Résumé
"Poésies", recueil d'Éphraïm Mikhaël, explore un univers où mythe, spiritualité et existentialisme s'entrelacent à travers des images oniriques et des thèmes profonds. Les textes, parsemés de références aux étoiles, aux Mages et aux créatures fantastiques comme l'hippogriffe, oscillent entre le chagrin et l'espérance, la puissance divine et la vulnérabilité humaine.
Des figures comme Phërohil, Halyartès ou la reine Oriane incarnent des dilemmes universels, tandis que des motifs récurrents — la pourpre, le gouffre, la solitude — évoquent une quête de transcendance. Ce recueil, à la fois lyrique et symboliste, interroge la condition humaine à travers une langue raffinée et des visions poétiques qui mêlent le sacré au quotidien.
Citations de Poésies (Éphraïm Mikhaël)
“ Hippogriffe, hippogriffe libérateur, emporte-moi plus haut que le ciel. Pour obéir au divin vieillard nous irons, ô monstre, par delà les portes de l’horizon. Je chevaucherai au-dessus des villes, au-dessus des campagnes où j’ai souffert. Si nul ne nous attend au-dessus des mondes, errons à jamais dans le désert des constellations. Tu feras jaillir vers la terre à travers la nuit de joyeuses étincelles. Et moi je serai délivré ; je n’aurai plus à subir les hommes, je n’aurai plus à aimer les hommes et je connaîtrai enfin librement parmi les étoiles muettes la volupté d’être né solitaire. ”
“ Aux brumes de la lune, aux clartés frémissantes Qui meurent sur les champs, les jardins et les bois. Elle se mire dans la fontaine. Pour qui donc suis-je belle, hélas ! Mais tu me vois, Ciel où veillent des yeux ; et toi, forêt vivante, Tu me vois. Le baiser que mon rêve me vante, Le baiser ne vaut pas la caresse du soir, Tout parfumé de fleurs féeriques. Mon pouvoir Est plus doux que l’amour. Je suis l’heureuse reine Que jamais nul désir ne troublera. DORIETTE, entrant brusquement. Marraine, Venge-moi ! ORIANE. Doriette ! Oh ! quels yeux en courroux ! ”
