Résumé

Portrait de Albert Thibaudet Albert Thibaudet Les Idées de Charles Maurras

Alors d’une part l’amour est saisi, embrassé dans l’intégrité de son désespoir sombre, peut-être dans cette conscience du péché dont le catholicisme augmentait pour Baudelaire la profondeur d’une sensation, et d’autre part l’ordre social demeure intact, mis par cette ombre en une plus éclatante lumière. L’amour immodéré, l’amour absolu, qu’il soit de Dieu ou qu’il soit de l’homme, ramène l’âme humaine à la confusion de ces marais de Marthe dont il semble que M. Maurras garde la vive image comme celle d’une poche de l’enfer dantesque.
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L’Angleterre, a dit Michelet, est un empire, l’Allemagne une race, la France une personne. Cela, pour M. Maurras, ne signifierait rien. Ce qui est une personne, c’est le roi ; ce qui est une personne continuée, perpétuée, c’est une famille, la famille des rois capétiens. Et si Michelet a pu appeler la France une personne, c’est qu’il apercevait dans le miroir français le reflet de la personne royale, c’est que la Fête des Fédérations ressemble sur la terre de France à cette illumination crépusculaire des Alpes qui se développe sur leur couronne lorsque le soleil est tombé derrière l’horizon.
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Plus précisément nous vivons, tant bien que mal, de ce que nous avons, et nous souffrons de ce que nous n’avons pas. Le système politique de M. Maurras paraît, comme les systèmes de philosophie, vrai par ce qu’il affirme et faux par ce qu’il nie. Evidemment la démocratie sans mesure comme tout gouvernement sans mesure, c’est le mal, c’est la mort, la critique immodérée et sans fin ne peut que dissoudre et ruiner, l’omnipotence d’un Parlement est la plus dangereuse, la plus irresponsable des tyrannies.
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