Résumé

Collectif Cahiers du Cercle Proudhon

L’idéalisme politique grandit d’année en année. L’État devient, théoriquement, de plus en plus pur, de plus en plus éthéré. Mais, comme dit Marx, « l’idéalisme politique porté à sa perfection, c’est, en même temps, le matérialisme bourgeois à son apogée ». Le solidarisme au pouvoir, c’est l’égoïsme porté à sa perfection.
La liberté grandissante que nous donne la démocratie est très spéciale : c’est « la liberté de l’homme égoïste, c’est-à-dire le droit à un essor effréné de tous les éléments spirituels et matériels qui forment le contenu de sa vie ».
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« L’esthétique, dit-il à peu près, est une simple branche de l’éthique ». Il le prouve, en résolvant en ses éléments l’émotion artistique. Il y distingue d’abord une satisfaction procurée au goût qui échappe à toute analyse scientifique, ensuite une passion sensuelle, enfin le résultat moral de l’action qu’exerce l’œuvre d’art sur notre sensibilité. C’est ce dernier composant qui fait, pour Sorel, l’objet de l’esthétique. C’est en cherchant à le définir qu’il lui arrive de louer l’architecture d’être chaste et de se méfier de la musique qui « éteint la conscience et diminue la raison [2] ».
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La guerre, c’est notre histoire, notre vie, notre âme tout entière ; c’est la législation, la politique, l’État, la patrie, la hiérarchie sociale, le droit des gens. la poésie, la théologie ; encore une fois, c’est tout. On nous parte d’abolir la guerre, comme s’il s’agissait des octrois et des douanes. Et l’on ne voit pas que si l’on fait abstraction de la guerre et des idées qui s’y associent, il ne reste rien, absolument rien du passé de l’humanité et pas un atome pour la construction de son avenir.
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