Tristan Derème,
Le poème des griffons
(1938)
“ La lune a disparu derrière les nuages, Comme a fait le beau songe où brillait l'univers, Et je ne sais quelle ombre étouffe les feuillages Où tant d'oiseaux chantaient au bout des rameaux verts. Est-ce l'ombre nocturne ou ta noire pensée Qui, sous ce laurier sombre où tu pèses tes jours, Décolore le monde et l'ivresse passée Et noue un large crêpe à l'aile des amours ? Je ne sais. Puisse l'heure où les roses collines Frémiront sous l'abeille et le pied des chevreaux, Puisse l'aurore douce au secret des ravines Réveiller ce vieux coeur en dorant nos carreaux ! ”
