Jean-Pierre Claris de Florian

Jean-Pierre Claris de Florian

Résumé

Portrait de Jean-Pierre Claris de Florian Jean-Pierre Claris de Florian Fables de Florian (1899)

L'art de tromper ne me plaît guère : Je connais un plus beau secret Pour rendre heureux l'État, pour en être le père, Pour tenir ses sujets, sans trop les alarmer, Dans une dépendance entière ; Ce secret, c'est de les aimer.
Voilà pour bien régner la science suprême ; Et si vous désirez la voir dans votre fils, Sire, montrez-la-lui vous-même.
Tout le conseil resta muet à cet avis.
Le lion court au chien : Ami, je te confie Le bonheur de l'État et celui de ma vie ; Prends mon fils, sois son maître, et, loin de tout S'il se peut, va former son cœur.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Pierre Claris de Florian Jean-Pierre Claris de Florian Fables de Florian (1899)

FABLE I
Le Berger et le Rossignol
A M. l'abbé DELILLE
O TOI, dont la sublime et touchante harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur !
Digne rival, souvent vainqueur Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien ; sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie.
Je sais que l'immortalité, Qui t'est déjà promise au temple de Mémoire, T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire A force d'amabilité
Source : Gallica

Portrait de Jean-Pierre Claris de Florian Jean-Pierre Claris de Florian Fables de Florian (1894)

Tandis que, dans sa marche oblique et détournée, Il glisse sur lui-même et d'un pli fait un pas. Le courtisan sourit. « Je connois cette allure, Dit-il, et mieux que toi je sais mordre et ramper. »
Il court alors pour l'attraper;
Mais le dieu change de figure, Il devient tour à tour loup, singe, lynx, renard.
« Tu veux me vaincre dans mon art, Disoit le courtisan; mais, depuis mon enfance, Plus que ces animaux avide, adroit, rusé, Chacun de ces tours-là pour moi se trouve usé. Changer d'habit, de moeurs, même de conscience,
Je ne vois rien là que d'aisé. »
Source : Gallica

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