Florian

Résumé

Florian Fables de Florian (1936)

Attiré par le bruit, du fond de sa tanière, Un jeune léopard, prince assez débonnaire, Se présente au milieu de nos singes joyeux.
Tout tremble à son aspect. Continuez vos jeux, Leur dit le léopard, je n'en veux à personne : Rassurez-vous, j'ai l'âme bonne, Et je viens même ici, comme particulier, A vos plaisirs m'associer : Jouons, je suis de la partie.
— Ah! monseigneur, quelle bonté!
Quoi! votre altesse veut, quittant sa dignité, Descendre jusqu'à nous? — Oui, c'est ma fantaisie.
Mon altesse eut toujours de la philosophie, Et sait que tous les animaux Sont égaux.
Source : Gallica

Florian Fables de Florian

C'est d'un chardonneret que le sort vous fit naître.
Vous ne fûtes jamais serin: regardez-vous,
Vous avez le corps fauve et la tête écarlate,
Le bec... Oui, dit l'oiseau, j'ai ce qu'il vous plaira;
Mais je n'ai point une ame ingrate,
Et mon cœur toujours chérira
Ceux qui soignèrent mon enfance.
Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien,
J'en suis fâché; mais leur cœur et le mien
Ont une grande ressemblance.
Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,
Leurs soins me prouvent le contraire:
Rien n'est vrai comme ce qu'on sent.
Source : Gutenberg

Florian Fables de Florian

Là, notre désolé lapin
Se trouve au milieu d'un parterre,
Et voit une grande volière
Où mille oiseaux divers volaient sur un bassin.
L'amitié donne du courage.
Notre ami, sans rien craindre, approche du grillage,
Regarde et reconnaît... ô tendresse! ô bonheur!
La sarcelle: aussitôt il pousse un cri de joie,
Et, sans perdre de temps à consoler sa sœur,
De ses quatre pieds il s'emploie
A creuser un secret chemin
Pour joindre son amie, et, par ce souterrain,
Le lapin tout-à-coup entre dans la volière,
Comme un mineur qui prend une place de guerre.
Les oiseaux effrayés se pressent en fuyant.
Source : Gutenberg

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