Résumé

Clodomir Rouzé Analyses littéraires de fables de La Fontaine et de morceaux choisis… (1886)

« J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ; Je n'en avois nul droit, puisqu'il faut parler net. » A ces mots, on cria haro sur le baudet. Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue, Qu'il falloit dévouer ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, d'où venoit tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'étoit capable D'expier son forfait. On le lui fit bien voir.
Source : Gallica

Clodomir Rouzé Analyses littéraires de fables de La Fontaine et de morceaux choisis… (1892)

La gent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, Et dépeupla les bourgades, les champs. Peu de prudence eurent les pauvres gens D'accommoder un peuple si sauvage. Tenez toujours divisés les méchants : La sûreté du reste de la terre Dépend de là. Semez entre eux la guerre, Ou vous n'aurez avec eux nulle paix. Ceci soit dit en passant : je me tais.
Nous avons déjà vu, dans la fable des Animaux malades de la peste, avec quelle facilité La Fontaine sait réunir dans le même apologue, les tableaux les plus riants et les peintures les plus sombres.
Source : Gallica

Clodomir Rouzé Analyses littéraires de fables de La Fontaine et de morceaux choisis… (1892)

Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête. Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir;
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. — Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci : Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ; Je plie, et ne romps pas.
Source : Gallica

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