Clodomir Rouzé, Analyses littéraires de fables de La Fontaine et de morceaux choisis… (1886)
“ « J'ai souvenance Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense, Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ; Je n'en avois nul droit, puisqu'il faut parler net. » A ces mots, on cria haro sur le baudet. Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue, Qu'il falloit dévouer ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, d'où venoit tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n'étoit capable D'expier son forfait. On le lui fit bien voir. ”
