Résumé

Fablier des enfants. Choix de fables de La Fontaine… (1863)

Et la mort les frappa. La triste Noémi, Sans époux, sans enfants, chez un peuple ennemi, Tourne ses yeux en pleurs vers sa chère patrie, Et prononce en partant, d'une voix attendrie, Ces mots qu'elle adressait aux veuves de ses fils : « Ruth, Orpba, c'en est fait, mes beaux jours sont lais Je retourne en Juda mourir où je suis née.
Mon Dieu n'a pas voulu bénir votre hyménée, Que mon Dieu soit béni! Je vous rends votrafoi.
Puissiez-vous être un jour plus heureuses que moi !
Votre bonheur rendrait ma peine moins amère.
Adieu, n'oubliez pas que je fus votre mère. »
Source : Gallica

Fablier des enfants. Choix de fables de La Fontaine… (1863)

Dans l'âge des erreurs, ce jeune homme fougueux N'a qu'elle pour ami quand il est malheureux; Ce vieillard, qui va perdre un reste de lumière, Retrouve encor des pleurs en parlant de sa mère.
Bienfait du Créateur qui daigna nous choisir Pour première vertu notre plus doux plaisir !
Il fit plus : il voulut qu'une amitié si pure Fût un bien de l'amour comme de la nature, Et que les nœuds d'hymen, en doublant nos parents, Vinssent multiplier nos plus chers sentiments.
C'est ainsi que, de Ruth récompensant le zèle, De ce pieux respect Dieu nous donne un modèle.
Source : Gallica

Fablier des enfants. Choix de fables de La Fontaine… (1863)

Vous êtes cette Ruth, cette'aimable étrangère Qui laissa son pays et ses dieux pour sa mère !
Je suis de votre sang ; et, selon notre loi, Votre époux doit trouver un successeur en moi.
Mais puis-je réclamer ce noble et saint usage?
Je crains que mes vieux ans n'effarouchent votre âge ; Au mien l'on aime encor, près de vous je le sens : Mais peut-on jamais plaire avec des cheveux blancs ?
Dissipez la frayeur dont mon âme est saisie : Moïse ordonne en vain le bonheur de ma vie ; Si je suis heureux seul, ce n'est pas un bonheur.
Source : Gallica

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