Résumé

Louis-Dominique Champeau Fables et morceaux divers : choisis dans nos meilleurs auteurs et annotés pour l'usage des classes élémentaires… (1865)

Ne forçons point notre talent, Nous ne ferions rien avec grâce : Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant.
Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie,
Ont le don d'agréer infus avec la vie.
C'est un point qu'il leur faut laisser,
Et ne pas ressembler à l'âne de la fable, Qui, pour se rendre plus aimable
Et plus cher à son maître, alla le caresser. Comment ! disait-il en son âme, Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame; Et j'aurai des coups de bâton ! Que fait-il ? il donne la patte, Puis aussitôt il est baisé.
Source : Gallica

Louis-Dominique Champeau Fables et morceaux divers : choisis dans nos meilleurs auteurs et annotés pour l'usage des classes élémentaires… (1865)

XLI. — L'ABEILLE ET LA MOUCHE.
Un jour, une abeille aperçut une mouche auprès de sa ruche. Que viens-tu faire ici ? lui dit-elle d'un ton furieux. Vraiment, c'est bien à toi, dit l'animal, à te mêler avec les reines de l'air ! Tu as raison, répondit froidement la mouche, on a toujours tort de s'approcher d'une nation aussi fougueuse que la vôtre. Rien n'est plus sage que nous, dit l'abeille : Nous seules avons des lois et une république bien policée; nous ne broutons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisons que du miel délicieux, qui égale le nectar.
Source : Gallica

Louis-Dominique Champeau Fables et morceaux divers : choisis dans nos meilleurs auteurs et annotés pour l'usage des classes élémentaires… (1865)

Tout est en l'air, tout saute ; et Colas les excite,
En s'applaudissant du moyen. Les béliers, les moutons, sautèrent assez bien :
Mais les brebis vinrent ensuite, Les agneaux, les vieillards, les faibles, les peureux,
Les mutins, corps toujours nombreux, Qui refusaient le saut, ou sautaient de colère,
Et, soit faiblesse, soit dépit, Se laissaient choir dans la rivière. Il s'en noya le quart; un autre quart s'enfuit,
Et sous la dent du loup périt.
Colas, réduit à la misère, S'aperçut, mais trop tard, que pour un bon pasteur
Le plus court n'est pas le meilleur.
Source : Gallica

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