Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort

Résumé

Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Fables de La Fontaine. Tome 2 (1825)

Fureur d'accumuler, monstre de qui les yeux Regardent comme un point tous les bienfaits des dieux, Te combattrai-je en vain sans cesse en cet ouvrage ! Quel temps demandes-tu pour suivre mes leçons? L'homme, sourd à ma voix comme à celle du sage, Ne dira-t-il jamais : C'est assez, jouissons? Hâte-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre. Je te rebats ce mot ; car il vaut tout un livre : Jouis.—Je le ferai.—Mais quand donc?—Dès demain.— Eh! mon ami, la mort te peut prendre en chemin : Jouis dès aujourd'hui; redoute un sort semblable A celui du chasseur et du loup de ma fable.
Source : Gallica

Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Fables de La Fontaine. Tome 2 (1832)

Au fond du temple eût été son image, Avec ses traits, son souris, ses appas, Son art de plaire et de n'y penser pas, Ses agréments à qui tout rend hommage. J'aurois fait voir à ses pieds des mortels Et des héros, des demi-dieux encore, Même des dieux : ce que le monde adore Vient quelquefois parfumer ses autels. J'eusse en ses yeux fait briller de son ame Tous les trésors, quoique imparfaitement : Car ce coeur vif et tendre infiniment Pour ses amis, et non point autrement ; Car cet esprit, qui, né du firmament, A beauté d'homme avec grâce de femme, Ne se peut pas, comme on veut, exprimer.
Source : Gallica

Portrait de Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort Fables de La Fontaine. Tome 2 (1832)

Le cruel animal s'enferre dans ses armes, Et d'un coup aussitôt il détruit mille charmes. Ses derniers attentats ne sont pas impunis; Il sent son coeur percé de l'épieu d'Adonis, Et, lui poussant au flanc sa défense cruelle, Meurt, et porte en mourant une atteinte mortelle. D'un sang impur et noir il purge l' univers : Ses yeux- d'un somme dur sont pressés et couverts ; Il demeure plongé dans la nuit la plus noire ; Et le vainqueur à peine a connu sa victoire, Joui de la vengeance et goûté ses transports, Qu'il sent un froid démon s'emparer de son corps.
Source : Gallica

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