Jules Guéroult, Fables (1859)
“ Moi-même en vain je veux m'armer de ma raison Pour retrouver tout mon courage; Tout mon courage cède à l'horreur de ce son, Une froide sueur inonde mon visage. Ce formidable accent, c'est la voix du lion. De mon ami tel était le langage. Jadis, aux champs d'Oran, dans un affreux parage, Il avait éprouvé cet effet surprenant : Ce matin dans Paris, loin de tout péril même, Le corps tout frissonnant et le visage blême, Il frémissait encore en me le racontant. — Cette voix, dis-je alors, qui rugit et qui gronde, N'a que trop sa pareille au monde. Chacun la porte en soi, chacun en est troublé. ”
