Jules Guéroult

Fables (1859)

Résumé

Jules Guéroult,  Fables (1859)

“ Moi-même en vain je veux m'armer de ma raison Pour retrouver tout mon courage; Tout mon courage cède à l'horreur de ce son, Une froide sueur inonde mon visage.
Ce formidable accent, c'est la voix du lion.
De mon ami tel était le langage.
Jadis, aux champs d'Oran, dans un affreux parage, Il avait éprouvé cet effet surprenant : Ce matin dans Paris, loin de tout péril même, Le corps tout frissonnant et le visage blême, Il frémissait encore en me le racontant.
— Cette voix, dis-je alors, qui rugit et qui gronde, N'a que trop sa pareille au monde.
Chacun la porte en soi, chacun en est troublé.
”
Source : Gallica

Jules Guéroult,  Fables (1859)

“ A quelques pas plus loin, un chien de son espèce Le heurte en passant; autre affront.
Notre caniche en marque un désespoir profond.
— Pourquoi, lui dit un chat, en semblable occurrence, De sentiments en toi si grande différence?
Le caniche à cela repartit à l'instant : — De deux affronts, le premier faiblement Me touche et ne vaut pas que je m'en désespère ; Il est d'un étranger que j'oublie aisément; Mais pourrais-je oublier un frère?
Quand on est outragé, ce qui peine, en effet, C'est moins l'affront que celui qui le fait.
”
Source : Gallica

Jules Guéroult,  Fables (1859)

“ LE LION ET LE TIGRE.
Le lion dort les yeux ouverts, Si l'on en croit Lessing, que j'imite en ces vers.
Ceci peut, dira-t-on, être matière à glose.
Eh bien ! permis à quiconque voudra De s'en aller de près vérifier la chose.
Le lièvre en fait autant et la peur en est cause.
J'admets sans peine en lui cette coutume-là, Puisqu'un rien lui donne la fièvre.
Un lion donc, un jour, de la sorte dormant : — Oh! oh! qu'est-ce ceci? dit un tigre passant; Un lion dormir comme un lièvre !
Ce rapprochement-là qui sentait le mépris Choqua sire lion à s'irriter facile, Et le tigre en pièces fut mis.
”
Source : Gallica

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