“ Parmi les ouvrages de ce pur, noble et grand poète, M. Edmond Pilon cite avec une admiration émue la Chevauchée d’Yeldis, un chef-d’œuvre, le chef-d’œuvre !... Ah ! je connais depuis longtemps cette opinion. Elle a cours dans un milieu de très jeunes poètes. Et voici exactement ce qui arrive. Quand ils ont dix-sept ans, les poètes disent : « Le grand poète Vielé-Griffin ! » À dix-neuf ans, ils disent encore : « Le poète Vielé-Griffin ». À vingt ans, ils ne disent plus que « Vielé-Griffin ». À vingt-et-un ans, ils ne disent plus rien du tout et ils passent à un autre. ”
Griffin
Définition et enjeux
Citations sur “griffin”
Augustin Filon, Revue des Deux Mondes
“ Le héros du livre, Griffin, ayant réussi, en avalant certaine potion, à rendre la réfrangibilité de son corps égale à celle de l’atmosphère, notre œil ne perçoit plus que l’image de ses vêtemens, et il n’a qu’à s’en dépouiller pour nous échapper complètement. ”
Jean Mauclère, Paré ?... Feu ! (1947)
“ Le H.M.S. Griffin, torpilleur vénérable et peu armé en D.C.A., accourt, soucieux de recueillir les naufragés du Bison et de l'Afridi, confondus sur l'eau dans une même détresse. Seulement les premiers, qui sombrent aujourd'hui pour la seconde fois, subissent un malheur plus cruel encore que leurs camarades. ”
William Makepeace Thackeray,
Les mémoires d'un valet de pied
(1859)
“ Le lieutenant général sir Georges Griffin, chevalier de l'ordre du Bain, etc., etc., avait environ soixante-quinze ans lorsqu'il fut enlevé à sa famille et à l'armée des Indes, dont il était depuis longtemps une des plus brillantes nullités. ”
Gerald Griffin, La Fille du cordier, scènes de la vie irlandaise… (1872)
“ Après ceci, je ne regarderai plus jamais un homme au visage pour connaître ses intentions. Après ceci, je ne croirai plus mes sens. Si vous arrivez à m'en persuader, j'avouerai qu'il n'y a rien qui soit comme je le vois. Vous pourrez me dire que je ne suis pas debout ici, et vous là, et que la lune ne brille pas au dessus de nous à travers ce toit, et que le feu ne brûle pas derrière moi, — et je ne vous contredirai pas. Mais écoutez-moi, master Hardress. ”
Gerald Griffin, La Fille du cordier, scènes de la vie irlandaise… (1872)
“ Je n'aime pas à l'écouter. Ce n'est pas bien à nous de prendre avantage de ce que disent les gens dans leurs rêves. Plus d'un pauvre garçon s'est ainsi perdu en dormant. — C'est une mauvaise affaire, reprit Phil. Je n'aime pas du tout la tournure de tout cela, je te le dis. — Mon gant ! mon gant ! disait Hardress en rêvant. Vous en avez usé contre mon intention. Je ne voulais que l'éloignement. Nous serons pendus tous les deux !... Nous serons pendus pour cela ! — Viens, Phil ! viens, viens ! s'écria Poll Naughten avec impatience. — Attends donc ! attends ! lui cria au contraire son mari. ”
Gerald Griffin, La Fille du cordier, scènes de la vie irlandaise… (1872)
“ L'INTERROGATOIRE. 305 « Laissez - moi entrer ! s'écriait-elle d'un ton furieux. Avez-vous besoin de fourrer votre jaquette rouge entre l'arbre et l'écorce ! Laissez-moi entrer, ou je vais arracher le savon et la poudre de votre perruque. Allez, allez ! tirez la baïonnette contre moi, lâche que vous êtes ! Cela est bien digne de votre sang blanc à tous I » Ici une virago se précipita dans la salle et vint se planter en face du magistrat, tandis que la sentinelle grommelait, en se remettant en garde : « Eh bien ! voilà une drôle de créature ! jamais je n'ai vu la pareille ! » ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Les plus sages tiennent leurs chevaux en bride, et attendent l’issue du combat. Griffon et Aquilant sont au nombre de ceux qui s’élancent pour venger l’injure faite aux armes du roi. Tous deux avaient vu le roi, dont les yeux étaient injectés de sang et ivres de colère. Ils avaient appris, par ceux qui les entouraient, le motif de la querelle, et Griffon avait compris que l’injure ne s’adressait pas moins à lui qu’au roi Norandin. Son frère et lui s’étaient fait apporter en toute hâte leurs lances, et ils accouraient, furieux, à la vengeance. ”
Édouard Galy,
Catalogue du musée archéologique du département de la Dordogne
(1862)
“ Le griffon, animal fantastique, était, par sa force et son agilité, chargé de garder les trésors de la terre. Consacré spécialement au dieu de la lumière, on trouve son image sur les frises, les colonnes, les candélabres des temples d'Apollon. Il est naturel de la trouver à Vésone, où ce dieu était adoré comme divinité topique. Plus tard, devenu le symbole de l'esprit mystérieux, le griffon reparaît à la v base et sur la frise du clocher de la cathédrale de Saint-Front. ”
Amédée de Foras,
Le Blason, dictionnaire et remarques…
(1883)
“ Du moment où le griffon est aigle pour la partie supérieure du corps, et lion pour l'inférieure , il pourrait, comme la chauve-souris de la fable, se réclamer de ses membres ou de ses pattes. Palliot dit que « cela « s'entend des pattes de devant du griffon : je suis oiseau, voyez mes ailes » ! Mais comment distinguerat-on dans un blason à décrire si l'on voit des membres d'un griffon ou d'un aigle, ou d'un faucon , ou d'un épervier? On ne les distinguera pas du tout, à moins d'être sorcier ou de tomber juste par hasard. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Griffon en saisit deux des plus robustes parmi ceux qui, pour leur malheur, ont vu le pont se lever devant eux ; il fait jaillir la cervelle de l’un d’eux dans les champs, en lui brisant la tête contre une pierre ; il prend l’autre par la poitrine, et le lance au milieu de la ville, par-dessus les murs. Un frisson glacial parcourt les os des paisibles bourgeois, quand ils voient cet homme leur tomber du ciel. ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ Car Griffon, emporté par la colère et plein de fureur, en dix coups de taille ou de pointe, fit tomber trente personnes près de la charrette. 4. Les autres s'enfuient en déroute où la peur les pousse, çà et là, à travers champs et par les routes. Quelques-uns cherchent à entrer en ville, et ils tombent les uns sur les autres à la porte. Griffon ne les menace pas, ne dit pas une parole, mais, rejetant loin toute pitié, il promène son ter à travers cette populace sans armes, et tire une grande vengeance de son affront. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Le chevalier de Séleucie frappe en même temps Griffon à la visière. Le coup fut si terrible, que le casque aurait été ouvert et rompu, s’il n’avait été, comme le reste de l’armure, fabriqué à l’aide d’enchantements. Le païen perd son temps à frapper, tellement les armes de Griffon sont partout de dure trempe. Aussi ce dernier a-t-il déjà rompu et brisé en bon nombre d’endroits l’armure de son adversaire, sans avoir perdu une maille. Chacun peut voir combien le sire de Séleucie a de désavantage contre Griffon, et que si le roi n’arrête point le combat, il risque de perdre la vie. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Indigné de voir qu’un chevalier étranger allait remporter le prix, il prend une lance et défie Griffon par ses cris et ses menaces. Celui-ci lui répond par un coup d’une lance qu’il avait choisie entre dix. De crainte de frapper à faux, il vise au beau milieu de l’écu, qu’il traverse de part en part, ainsi que la cuirasse et la poitrine. Le fer cruel passe entre deux côtes, et ressort d’une palme hors du dos. Le coup fut applaudi de tous, excepté du roi, car chacun haïssait Salinterne, à cause de son avarice. Griffon jette ensuite à terre deux chevaliers de Damas, Ermophile et Carmonde. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Si Norandin avait pensé de même, il n’aurait pas agi envers Griffon comme il le fit. C’est pourquoi un éternel honneur vous attend, tandis que sa renommée est plus noire que la poix. À cause de lui, ses sujets reçurent la mort, car Griffon en dix coups de taille, et en dix coups de pointe qu’il porta dans sa fureur et sa rage de vengeance, en coucha trente auprès du char. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Il eût mieux valu pour lui aller nu et sans armes, que mettre sur son dos cette cuirasse déshonorée, que passer à son bras l’écu honteux, et coiffer sa tête du casque aux insignes bafoués. Mais pour suivre l’impudente et son digne compagnon, sa raison est moins forte que sa colère. Il arrive à temps dans la ville, une heure avant la fin du jour. Près de la porte par laquelle était rentré Griffon, s’élève, à main gauche, un splendide château, plus remarquable par ses riches appartements et ses décorations, que disposé de façon à soutenir un siège. ”
Lodovico Ariosto, Roland Furieux, tome 2 (1880)
“ Mais celui-là doit pleurer, qui s’est fait l’esclave de deux beaux yeux, d’une belle chevelure, sous lesquels se cache un cœur pervers, et dont de nombreuses souillures ont terni la pureté. Le malheureux voudrait fuir, et, comme le cerf blessé, il porte le trait mortel partout où il va. Il rougit de lui-même et de son amour ; il n’ose pas l’avouer, et il souhaite en vain de guérir.Le jeune Griffon est dans ce cas. Il ne peut s’amender et il reconnaît son erreur. Il voit à quelle créature vile il a donné son cœur ; il sait qu’Origile est infâme et sans foi ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Dès qu’ils ont rattrapé leurs chevaux et qu’ils sont remontés en selle, ils courent en toute hâte derrière leurs ennemis. Le roi les suit avec un grand nombre de ses vassaux, tous prêts à mourir ou à le venger. La foule insensée crie : « Sus, sus ! » mais elle se tient éloignée et attend les nouvelles. Griffon arrive au moment où les trois compagnons, s’étant emparés du pont, font volte-face. À peine arrivé, il reconnaît Astolphe qui porte les mêmes devises, et qui a le même cheval et les mêmes armes que le jour où il occit Orrile l’enchanteur. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 3 (1850)
“ Celui-ci frappa du même temps Griffon sur la visière ; et, si le casque n'eût été l'ouvrage d'une fée, il eût pu se briser par la violence du coup. Griffon, serrant ensuite de plus près son adversaire, brise ses armes, et ne lui laisse pas un instant de repos; déjà même le duc de Séleucie paraissait en désordre et à tous moments près de succomber. Le roi de Damas se hâta d'interrompre ce dangereux combat, où le duc allait perdre la vie ; et tous les spectateurs applaudirent à sa prudence d'avoir fait séparer d'aussi braves combattants. ”
Félix Lajard, Recherches sur le culte public et les mystères de Mithra en Orient et en Occident… (1867)
“ Si, par exemple, les griffons, dans le Prométhée d'Eschyle1, sont appelés les chiens de Zeus2, cette qualification nous fournit la preuve que, chez les Grecs comme chez les peuples de l'Orient, le griffon est le gardien fidèle de la région du ciel où réside habituellement le dieu créateur du monde, ayant à sa droite le soleil, à sa gauche la lune. De là tout naturellement l'attribution du griffon à Héra ou Junon3, comme aussi à Apollon et au soleil, à Artémis et à la lune, manifestations et agents de ce dieu créateur. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Griffon. Brown assure qu’il y a des griffons, c’est-à-dire des animaux mixtes qui par devant ressemblent à l’aigle et par derrière au lion, avec des oreilles droites, quatre pieds et une large queue. Des traditions du moyen âge donnaient au griffon l’aigle pour père et la louve pour mère. Grigri, démon familier que l’on voit chez les Américains, et surtout dans les forêts du Canada et de la Guinée. Grillandus (Paul) , Castillan, auteur d’un traité des Maléfices (De malejiciis) , publié à Lyon en 1555 ; de traités des sortilèges, des lamies, de la torture, etc. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Griffon, Origile et Martan arrivent à Damas, à la fête donnée par Norandin. Griffon est vainqueur du tournoi ; Martan y montre une grande couardise, mais il usurpe l’honneur de la victoire, tandis que Griffon ne reçoit que honte et outrages.Quand nos péchés ont dépassé la mesure du pardon, Dieu, pour prouver que sa justice égale sa miséricorde, confie souvent le pouvoir souverain à des tyrans atroces, à des monstres. Il leur donne la force et le génie du mal. ”
Rudyard Kipling,
Bê, bê, mouton noir
(1929)
“ Maintenant je sais lire pour de vrai, dit Punch, et maintenant, je ne lirai plus jamais rien du tout. Il lança le livre brun dans le buffet où gîtaient ses livres de classe, et par hasard en fit tomber un respectable volume, privé de sa reliure et intitulé Sharpe's Magazine. Sur la première page était représenté le plus prodigieux griffon, avec, dessous, des vers. Le griffon emportait chaque jour un agneau d'un village d'Allemagne, mais il vint enfin un homme avec un « glaive » qui pourfendit le griffon. ”
Léon Frapié,
Les Obsédés
(1904)
“ Sur le coffre, Griffon interrompait immédiatement la jérémiade de Ferdinand.— Bien sûr ! des vertus manquent à ta femme ; elle ne sait pas empêcher que ses services ne tiennent de la place dans la maison. Pauvre garçon ! elle te dérange, elle fait du bruit, elle respire !... C’est peut-être, vois-tu, que le dévouement comporte des limites ! Tous les jours, des hommes découvrent douloureusement cette vérité : à la mort de leur mère, de leur femme...Et Griffon, narquois, passait son bras sous celui de Ferdinand et se penchait, comme on cajole un enfant pour lui faire avaler une médecine ”
Tristan Derème,
Le poème des griffons
(1938)
“ Non, Monsieur, et j'en reviens à mon propos que nous n'avions pas beaucoup quitté, poursuivit l'Hippogriffe, et dussé-je vous inciter à des rêveries mélancoliques, il ne faut point que vous croyiez ce que je vous ai tout à l'heure seulement rapporté des Griffons sur le vain propos de leur prudence et de leur économie. Ce sont des monstres redoutables et les plus grands ennemis qu'ait jamais rencontrés la malheureuse race des hommes. ”
Lodovico Ariosto, Roland Furieux, tome 2 (1880)
“ Martan propose d’enlever le destrier, les habits et les armes de Griffon, et d’aller se présenter au roi comme étant le chevalier qui avait accompli tant de prouesses pendant le tournoi. L’exécution suit de près la pensée. Il prend le destrier plus blanc que le lait, et se couvre du cimier, de l’écu, des armes, du pourpoint, enfin de tous les vêtements blancs de Griffon. ”
L' Arioste, Roland furieux, traduction nouvelle et en prose par M. V. Philippon de la Madelaine… (1864)
“ Griffon, plein de honte et de rage, se croit déshonoré par la lâcheté de son compagnon; plutôt que de subir celle infamie, il eût souffert les feux d'un ardent brasier. Sans doute on le compare à cet indigne chevalier. Il faut que sa valeur éclate plus brillante, car la moindre faiblesse serait exagérée ; s'il recule d'un pouce, on l'accusera d'avoir reculé de six brasses. Tels sont les doutes fâcheux que la lâcheté de Martan fait planer sur lui. L'adroit Griffon met sa lance en arrêt et pousse son coursier contre le seigneur seigneur Sidonie qu'il jette sur l'arène. ”
Francesco Berni, Roland l'amoureux , extrait de Matheo Maria Boyardo… (1822)
“ Quelques momens après, Griffon fit voler d'un revers l'énorme tête d'Orrile; mais ce colosse la ramassant promptemeut, la replaça sur ses épaules, et recommença le combat. Les deux frères ne pouvant revenir de leur surprise, et craignant de succomber à la fin sous les coups pesans de sa massue, se concertèrent ensemble , et lui portant à la fois un coup terrible sur les deux bras, ils les lui firent tomber, les ramassèrent, et courant sur les bords de la mer, qui n'était pas éloignée, ils les jetèrent de toute leur force dans l'onde. ”
Eugène Sue,
Le morne au diable
“ L’extérieur du père Griffon répondait parfaitement à l’idée qu’on pourrait peut-être se faire de lui, d’après ce que nous venons de dire de son caractère.C’était un homme de cinquante ans au plus, robuste, actif, quoiqu’un peu replet; sa longue robe de laine blanche à camail noir dessinait ses larges épaules, une calotte de feutre couvrait son front chauve. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Ceux à qui Amour a fait sentir ses rigueurs, savent si ses traits sont de bonne trempe. Griffon souffrait un martyre d’autant plus cruel, qu’il n’osait pas dire le mal qui le rongeait. Et cela, parce que son frère Aquilant, plus sage que lui, lui avait mille fois déjà reproché cet amour, et cherché à le lui arracher du cœur, regardant celle qui en était l’objet comme la pire de toutes les femmes qu’on pût trouver. Mais Griffon l’excusait quand son frère la condamnait. La plupart du temps, notre jugement se trompe. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 3 (1822)
“ Griffon , qui n'était point jaloux de posséder ces armes, prit aussitôt la parole. « Ah ! Seigneur, votre amitié me récompense assez, et rien ne doit vous arrêter. » La généreuse Marphise, touchée de la no- blesse de ces discours et de ce procédé, pressa Griffon d'accepter ces belles armes, et ne les reprit de sa main que sur le nouveau refus qu'il en fit. Toute cette troupe illustre retourna dans la cité en bonne intelligence : le tournoi recommença, et Sansonnet en remporta le prix, Marphise, ses compagnons, ni les fils d'Olivier n'ayant pas voulu se présenter pour le lui disputer. ”
