Tristan Derème

Tristan Derème

Résumé

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Le Violon des Muses (1935)

Que quelque autre s'épuise à rêver d'un laurier! Fuyez, Muse, et dormez au fond de l'encrier : je ne veux plus parler qu'en prose, car je n'ai plus le goût d'improviser des vers; c'est un art où l'on met sa raison à l'envers, où certains pour rimer haranguent l'univers, ou parlent de cueillir des rameaux toujours verts, alors qu'il est si doux de humer une rose, si doux et simple, en vérité. Mais c'est trop de simplicité; au plus dur du Parnasse on veut avoir monté. Les rocs y sont amers. Ces Muses-là sont rudes.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Le Violon des Muses (1935)

Et là-dessus, ce mystère clos étant l'essentiel — ce qu'on lui concède de bon cœur — comment notre critique aimerait-il Boileau?
Ce Boileau!.... Un régent, qui ne parle que de règles, qui traite des trois unités, de la péripétie, des limites de la satire, de la rime et de la raison, de la cadence, de l'hiatus et de la césure!... Beau potage, en effet, qui nous est servi là, quand on ne nous devrait entretenir que de l'inspiration et de ce feu qui couve en nous et qui se veut répandre dans tous les cœurs de l'Univers par le truchement des oreilles! Ce Boileau, on dirait un zingueur.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Le Violon des Muses (1935)

Nous ne serons jamais une seule momie Sous l'antique désert et les palmiers heureux,
fut-il dit en la Trislesse d'Eté de Mallarmé.
Ne pleure pas : d'être identique,
C'est un rêve des dieux,
répondait, en quelque manière, P.-J. Toulet. Mais il ne désespérait point, ou, du moins, ne voulait pas qu'on vît ses larmes. Les Muses aussi
le confortaient, et il balançait sans cesse du néant des choses et du monde :
La vie est plus vaine une image
Que l'ombre sur le mur,
au spectacle immuable de l'univers :
Hélas!
Source : Gallica

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