Gabriel de La Landelle,
Légendes de la mer
(1880)
“ « Pour chanter le Seigneur , dit -elle , que ma voix Jusqu' au sommet des cieux s' élance cette fois ! » Longtemps on navigua sur une onde sereine , Longtemps l' esprit marin chanta son Évohé Que répétaient en chœur les enfants de Noé . Mais , un jour , tout à coup , aux confins de la plaine ; Une terre apparaît . – C' est le mont Ararat . Sur un lit de rochers bientôt la nef s' abat : – « Hélas ! j' ai terminé ma rapide carrière ! » Dit l' âme qui gémit enchaînée à la pierre : « La mer me fuit , je meurs à la cime d' un mont , Jamais jusqu' en ces lieux les flots ne reviendront . » ”
