Albert Giraud

Élements biographiques

Portrait de Albert Giraud Albert Giraud Héros et Pierrots

Amoureux ! Je l’envie,
Et sa douceur m’irrite. On dirait que la Vie
Se sert de cet enfant cruel pour m’assiéger.
(A Arlequin)
Taisez-vous, Arlequin ! Pierrot, c’est l’étranger,
C’est le passant qu’on ne connaît jamais, l’avare
De son cœur orageux et fou, c’est le barbare
Qui pleure de ce qui vous fait rire, et qui rit
De tout ce qui vous fait pleurer, c’est un esprit,
Une lumière espiègle et pensive qui vibre
Un peu plus haut que votre amour ! Pierrot est libre !
— Et ne me parlez plus, car vous m’offenseriez !
ARLEQUIN
Comme vous aimeriez, Pierrot, si vous aimiez !
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Portrait de Albert Giraud Albert Giraud Parnasse de la Jeune Belgique

Disperse au fond du ciel sa pensive âme d’or.
Les rêves du passé tournent dans la lumière ;
La campagne est muette et l’horizon s’endort.
Loin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche,
Comme un cœur solitaire effrayé par la nuit
Et prêt à se briser d’amertume et d’ennui,
Lentement, lentement un vieil orgue s’épanche,
Comme un cœur solitaire effrayé par la nuit,
Loin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche.
Ô cruelle douceur des baisers défendus !
Ô douce cruauté des lèvres qui dédaignent !
Je vous entends vibrer dans ces rhythmes qui saignent !
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Portrait de Albert Giraud Albert Giraud Éros et Psyché

Psyché
Je vous obéirai Jure-le ! Je le jure.
Éros
Par le Styx !
Psyché
Par le Styx ! Par le Styx !
Éros
Par le Styx ! Par le Styx ! Je reçois ton serment !
Et maintenant, Psyché ! Permets à ton amant
D’aspirer, sans la voir, la rose de ta bouche !...
Ah ! s’ils pouvaient savoir quelle ivresse farouche
Naît de la lampe morte et des flambeaux éteints,
Les amants enlacés chasseraient de leur couche
La lumière importune à leurs jeux clandestins !
Sous les rideaux tirés Vénus est plus lascive :
Elle inspire à la chair un rêve illimité
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