Résumé

Portrait de Paul d’Ivoi Paul d’Ivoi Massiliague de Marseille

Une seule chose lui apparaissait : en se rendant au camp des Peaux-Rouges, il avait chance d’y trouver la mort... et cette mort, qui eût mis fin à ses irrésolutions, au duel intérieur que ses sentiments contradictoires se livraient en lui, cette mort, il l’appelait de tous ses vœux.
— Écoutez, reprit-il implorant, j’ai honte de demeurer inutile. Nous autres, coureurs de la prairie, n’estimons que l’action. En vous proposant d’être le Champion, j’avais compté amener à moi la plus grosse part des dangers de l’expédition. S’il en doit être autrement, je ne suis plus Champion de l’indépendance.
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Une voix disait en même temps :
— Que celui qui a frappé entre, s’il a le cœur vaillant et la pensée pure.
— Alors, mon bon, j’entre ! clama Scipion.
Et résolument, il s’engouffra dans le couloir.
Au bout de dix pas, il aperçut en avant de lui comme une étoile mouvante.
— Suis cette lumière, ordonna l’organe d’un personnage invisible. Suis-la et ne crains rien, aucun obstacle n’est sur ta route.
— Je suis incapable de crainte, pécaïre, riposta gaillardement Massiliague, cependant votre avertissement est utile, car on n’y voit goutte, et je vous remercie.
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Intéressé malgré lui par l’étrangeté du dialogue, Fabian demanda :
— Et quelle tristesse a-t-il jetée sur toi, pauvre fille ?
Sans fausse pudeur, elle répondit, ses yeux clairs fixés sur ceux de l’hacendado :
— Il m’a enlevé mon cœur et te l’a donné. C’est fou, n’est-ce pas, la peone rêvant à son padrone. Voilà pourquoi je te prie de me rendre la liberté. J’irai là-bas, bien loin, rejoindre les demeures de ma tribu. Les aveugles, dit-on, oublient les étoiles qu’ils ne voient plus ; peut-être oublierai-je comme eux !
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