Gustave Aimard

Gustave Aimard

Résumé

Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Loi de Lynch

C’est impossible, répondit-elle ; vous ne savez pas ce que c’est qu’une haine de vingt ans.
Elle prononça ces paroles avec un accent qui, tout brave qu’il était, fit, malgré lui, frémir le chasseur.
Valentin, ainsi qu’il le disait, aurait, sans hésiter, tué le Cèdre-Rouge comme un chien si, dans un combat, le hasard les avait placés face à face les armes à la main ; mais il répugnait à ses sentiments de loyauté, à la noblesse de son cœur, de frapper un ennemi désarmé, quelque vil et quelque indigne que fût cet ennemi.
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Loi de Lynch

Ellen, je suis un misérable, indigne d’un dévouement comme le vôtre.
— Calmez-vous, mon père, je vous en prie ; je n’ai pas faim ; je vous le répète, une nuit est bientôt passée, et demain, comme vous me l’avez dit, nous verrons ; mais d’ici là, j’en ai la conviction, Dieu nous viendra en aide.
— Dieu ? s’écria le squatter en grinçant des dents, encore ce mot !
— Dieu ! toujours Dieu ! mon père, répondit la jeune fille avec exaltation, l’œil étincelant et la lèvre frémissante ; Dieu, toujours, car, si indignes que nous soyons de sa pitié, il est bon ; il ne nous abandonnera peut-être pas.
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Loi de Lynch

Il savait combien, il y avait quelques mois à peine, la Gazelle blanche avait été une ennemie implacable pour la pauvre Ellen, il redoutait un piège.
Elle le devina, un sourire triste effleura ses lèvres.
— L’amour ne m’est plus permis, dit-elle ; mon cœur n’est même pas assez vaste pour la haine qui le dévore, j’appartiens toute à la vengeance. Croyez-moi, don Pablo, je vous servirai loyalement. Lorsque vous serez enfin heureux, que vous me devrez un peu de ce bonheur dont vous jouirez, peut-être éprouverez-vous pour moi un peu d’amitié et de reconnaissance.
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