Léon Ville

Résumé

Léon Ville Le chef des Hurons

Le front de Joseph Dufour se rembrunit. Mais, après un instant de silence, il répondit d’une voix sourde :
— Je me suis retiré dans le désert parce que les Anglais et leurs féroces alliés, les Iroquois, ont dévasté et brûlé ma ferme. Si j’étais seul, je serais resté là-bas pour faire payer aux ennemis le mal qu’ils m’ont fait ; mais suis époux et père ; j’ai dû songer à assurer l’avenir de ma famille, désormais ruinée. Ici, loin des passions humaines, sous le regard de Dieu, je vais reprendre ma vie de labeur.
— Votre histoire est triste, dit Louis, ému par tant d’infortune.
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Léon Ville Le chef des Hurons

Les sauvages s’arrêtèrent un instant, mais leur hésitation fut de courte durée : poussant de nouveau leur terrible cri de guerre, ils s’élancèrent avec furie vers la colline dont ils commencèrent à gravir les pentes sous un feu meurtrier qui les couvrait de fer et de plomb. La mitraille vomie par les canons creusait dans leurs rangs des sillons sanglants, sans que leur élan se ralentît.
Ils allaient bientôt atteindre les retranchements, quand des hurlements formidables montèrent de la plaine.
— C’est le cri de guerre des Hurons ! hurla Sans-Peur. Courage, camarades !
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Léon Ville Le chef des Hurons

Maintenant, voulez-vous connaître le nom du chef qui est à la tête des Indiens !
— Dites.
— Niocébah !
Le colonel ne put réprimer un frisson.
L’homme dont il s’était fait un ennemi mortel allait certainement lui faire une guerre terrible et sans merci.
Le chef, lui, sourit d’un air sinistre.
— Niocébah est un chien ! dit-il ; Taréas prendra sa chevelure !
— En attendant, dit Sans-Peur, il s’apprête à prendre les nôtres. Mais, ajouta-t-il d’un air soucieux, il est une chose qui m’étonne.
— Laquelle, mon ami ? demanda le colonel.
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