Pierre Durandal

Résumé

Pierre Durandal Le supplicié vivant (1882)

Rochetonnerre sentit la justesse de l'ironie.
– Je n'aurais pas été bloqué, dit-il, si j'avais été seul.
Le Huron comprit l'allusion faite à Mlle de Drucourt, et reportant sur elle son regard dont la flamme avait une ardeur étrange :
– Le chasseur risque sa vie pour écouter le chant du rossignol, dit-il en donnant à sa voix une inflexion à la fois douce et mélodieuse.
La jeune fille rougit. Elle ne s'attendait point à ce compliment exprimé avec autant de charme que de poésie.
– L'Aigle-Chauve, dit le comte, a lui-même la voix du rossignol ; mais il a aussi le coeur du lion.
Source : Gallica

Pierre Durandal Le supplicié vivant (1882)

Ivres de sang, les Peaux-Rouges avaient, comme on le voit, lâché la proie pour l'ombre.
Ils cherchaient la piste du Buffle-Gris ; en réalité, ils n'avaient trouvé que celle de l'Oiseau-Blanc, le courrier mohawk.
Le jour ne tarda point à paraître.
Tandis que René de Vauquelin attendait avec anxiété le signal du chasseur, le comte de Rochetonnerre ouvrait faiblement les yeux, et, après avoir promené autour de lui un regard étonné, il s'était péniblement dressé sur son séant. Il avait le vertige, ses lèvres étaient sillonnées de profondes
déchirures, une soif ardente le dévorait.
Source : Gallica

Pierre Durandal Le supplicié vivant (1882)

Mais les Indiens l'avaient forcé à les combattre avec leurs propres armes et leurs propres ruses, ou à se livrer à eux sans espoir de merci.
De part et d'autre l'enjeu était la vie même du combattant. Aussi le comte de Rochetonnerre éprouva-t-il une joie pour ainsi dire infernale lorsqu'il pressa la détente de son arme. Le coup partit et l'Iroquois tomba foudroyé. Il n'eut pas un geste, il ne proféra pas un cri. L'écho roulant de profondeur en profondeur, de galerie en galerie, porta au loin, semblable au roulement du tonnerre, le bruit indéfiniment répercuté de la détonation.
Source : Gallica

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