François Fabié

François Fabié

Résumé

Portrait de François Fabié François Fabié Vers la maison (1899)

Comme il faut pourtant, tôt ou tard, qu'on pleure, Que sur chaque toit fleurisse un souci, Sous peu de ma mort arrivera l'heure : Vous me pleurerez, mes cloches, merci!
Vous serez aux mains de mon fils, j'espère. Moi, dans le cercueil, raide, sourd, glacé; Comme je sonnai jadis pour mon père, Lorsque près de lui l'on m'aura placé, Mon fils sonnera pour moi, je l'espère!
Mais trêve aux pensers de mort et de deuil! La noce déjà sort du porche; alerte, Jeanne et Marion, cloches mon orgueil! Suivons les époux par la plaine verte Et bénissons-les jusqu'à mon vieux seuil!
Source : Gallica

Portrait de François Fabié François Fabié Vers la maison (1899)

Et tout ce qui demeure à son tour nous supplie De rester: seuil, jardin, clocher, doux horizon; Le infinis liens dont la glèbe nous lie Du petit coin natal nous font une prison, Et le cercle magique autour de la maison Mille fois sur nous se replie...
Ah! quel mystère en toi. Terre que nous foulons De nos premiers sabots d'écolier ou de pâtre, Maigre et dure parfois, mais qui prends nos talons. Ainsi qu'avec la main une mère idolâtre, Roche dont notre père a fait le seuil et l'âtre D'où les fous nous nous exilons!
Source : Gallica

Portrait de François Fabié François Fabié Vers la maison (1899)

Or comme aux premiers temps où, dans une agonie, Je m'arrachais des bras des miens tout éplorés, Mon âme saigne encor d'une angoisse infinie A quitter ce vieux toit, ces champs, ces bois, ces prés Que j'aurais dans mes vers à jamais consacrés Si le coeur donnait le génie.
Plus que trois jours, plus que deux jours, un jour, un seul ! Plus qu'une seule nuit, triste et pourtant trop brève, A passer au foyer, dans le lit de l'aïeul Et du père, — attendant que l'aurore se lève Pour reprendre sa route et poursuivre le rêve Qu'eux ont fini dans le linceul!...
Source : Gallica

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