Philippe Godet, Les réalités : poésies (1887)
“ Sous le fardeau mon coeur succombe : La réalité, c'est souffrir!... Oui, souffrir, — jusque à la venue De ce grand jour sans lendemain, Préface. 13 Où l'auguste et blanche inconnue Mettra sur moi sa froide main. Qu'on la redoute comme un gouffre Ou qu'on l'espère comme un port, Pour l'homme qui vit, aime et souffre, La réalité, c'est la mort. O Dieu que tout poëte adore Et dont jamais je n'ai douté, Si tu veux que je vive encore, Laisse-moi croire à ta bonté ! Prends ce que j'aime, ô mort avide; Un grand espoir demeure en moi : Le ciel est sombre, — il n'est pas vide... ”
