Philippe Godet

Élements biographiques

Philippe Godet,  Les réalités : poésies (1887)

“ Il faut du pain : vas-y de bon courage, Marche, rêveur, et travaille avec rage, L'esprit dispos, le coeur libre et content!
Marche, rêveur! Écris, pioche, travaille Comme un forçat, pendant le jour entier ! La vie est chère, et c'est fâcheux qu'il faille Travailler dur... ou finir sur la paille... La vie est chère, et tu n'es pas rentier!...
— De cette voix si souvent entendue Je connais trop le timbre familier... Et je retourne à la besogne ardue : Adieu, chimère entrevue et perdue, Fleur que flétrit le labeur journalier!
”
Source : Gallica

Philippe Godet,  Revue des Deux Mondes

“ Une heure ou deux de mathématiques me rendent l’esprit libre et le cœur plus gai ; il me semble que j’en dors et mange mieux, quand j’ai vu des vérités évidentes et indiscutables; cela me console des obscurités de la religion et de la métaphysique, ou plutôt cela me les fait oublier ; je suis fort aise de ce qu’il y a quelque chose de sûr dans ce monde... Je m’ennuie à la mécanique, et pourtant je l’apprends ; ne faut-il pas savoir pourquoi un levier est un levier, et comment l’on fait une balance, et où Archimède eût pris son point d’appui pour soulever la terre... ”
Source : Wikisource

Philippe Godet,  Histoire littéraire de la Suisse française (1890)

“ Monneron paraît avoir été obsédé par l'idée d'une autre existence, qu'il entrevoyait aux deux extrémités de la vie, dans le passé et dans l'avenir : la vie terrestre n'était pour lui qu'une pénible interruption dans le cours de cette vie supérieure, seul séjour de la réalité, où l'attirait son idée fixe. Mais la loi du devoir existe ; l'homme ne peut s'y soustraire. De là une lutte tragique dans l'âme du poète : la poésie qui entraîne Monneron vers le monde idéal lui apparaît comme la tentation suprême; sa conscience s'alarme quand il cède à cet irrésistible vertige. ”
Source : Gallica

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