Résumé

Philippe Godet Histoire littéraire de la Suisse française (1890)

Non, ce siècle de la philosophie ne passera point sans avoir produit un vrai philosophe. J'en connais un, un seul, j'en conviens ; mais c'est beaucoup encore, et pour comble de bonheur, c'est dans mon pays qu'il existe. L'oserai-je nommer ici, lui dont la véritable gloire est d'avoir su rester peu connu ? Savant et modeste Abauzit, que votre simplicité pardonne à mon cœur un zèle qui n'a point votre nom pour objet. Non, ce n'est pas vous que je veux faire connaitre à ce siècle indigne de vous admirer ; c'est Genève que je veux illustrer de votre séjour.
Source : Gallica

Philippe Godet Histoire littéraire de la Suisse française (1890)

Le Suisse, — a dit quelque part Sainte-Beuve, qui a tout dit, — le Suisse a cela de propre et de particulier, de rester le même et de son pays à travers toutes les pérégrinations et les nationalités passagères. Qu'il aille en France, en Russie, qu'il entre au service des czars ou des rois, il reste Suisse au fond du cœur ; la petite patrie, il ne l'abdique jamais, au sein des empires, et au moment critique, à l'heure du péril, il se retrouve patriote suisse comme au premier jour, comme au jour du départ du pays natal, prêt à répondre à son appel et à le servir.
Source : Gallica

Philippe Godet Histoire littéraire de la Suisse française (1890)

Monneron paraît avoir été obsédé par l'idée d'une autre existence, qu'il entrevoyait aux deux extrémités de la vie, dans le passé et dans l'avenir : la vie terrestre n'était pour lui qu'une pénible interruption dans le cours de cette vie supérieure, seul séjour de la réalité, où l'attirait son idée fixe. Mais la loi du devoir existe ; l'homme ne peut s'y soustraire. De là une lutte tragique dans l'âme du poète : la poésie qui entraîne Monneron vers le monde idéal lui apparaît comme la tentation suprême; sa conscience s'alarme quand il cède à cet irrésistible vertige.
Source : Gallica

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