Résumé

Portrait de Virgile Rossel Virgile Rossel Histoire littéraire de la Suisse romande des origines à nos jours… (1889-1891)

Que n'est-il en droit de dire des papistes, quand saint Paul a qualifié les Crétois de « mauvaises bêtes? » Lui qui entend « non point changer l'idolâtrie, mais l'abolir tout à fait, » serait-il tenu de démolir l'édifice, en architecte soucieux de ne rien endommager? Non, « l'idolâtrie, » doit être rasée comme une place de guerre tombée en mains d'ennemis. Alors même que l'exemple des prophètes et des apôtres n'excuserait pas ses sorties indignées ou railleuses, n'est-il pas convaincu - la
phrase est charmante — que « l'ironie est un petit mal convenable à un théologien? »
Source : Gallica

Portrait de Virgile Rossel Virgile Rossel Histoire littéraire de la Suisse romande des origines à nos jours… (1889-1891)

On est surtout frappé de la différence qui existe entre les tempéraments genevois et vaudois. Genève a l'esprit frondeur ; on n'y tolère pas de maître, on y est jaloux de sa liberté. Le pays de Vaud est habité par de braves gens, qui ne sont pas des gens braves ; on ne s'y révolta point contre la Savoie ; on y accueille les Bernois sans murmure; il semble qu'on y ait besoin de servitude, et la couleur de la livrée importe peu. Pierrefleur est le type même du Vaudois ; il courbe le front tranquillement, se résigne à tout, n'est marri que des progrès incessants du calvinisme.
Source : Gallica

Portrait de Virgile Rossel Virgile Rossel Histoire littéraire de la Suisse romande des origines à nos jours… (1889-1891)

Il n'en faut pas moins se dire que par les intempérances de son zèle, les vivacités de sa parole, les impétuosités de son style et ce dédain peu politique de toute mesure, le réformateur pouvait s'aliéner le concours et même l'estime des gens modérés, peu soucieux de se compromettre plus que de raison.
La violence de Farel est certes regrettable, son intolérance ne connaît pas de limites, mais sa manière excite moins de réprobation que celle de Calvin. C'est une tête chaude toujours en ébullition, non un esprit froid qui s'ingénie à prendre feu.
Source : Gallica

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