Résumé

Joël Cherbuliez Genève, ses institutions, ses moeurs… (1867)

On s'imaginait pouvoir sans peine réaliser l'utopie d'une sage et fraternelle émulation entre les diverses églises. Loin de craindre le catholicisme, beaucoup de protestants auraient désiré qu'on dotât Genève d'un territoire plus étendu.
L'antagonisme était si bien oublié que les faveurs accordées par le Conseil d'Etat aux nouveaux citoyens genevois, dans le but de les rattacher promptement à la patrie suisse, n'excitèrent aucun murmure.
Mais l'illusion dura peu. Rome ne peut pas céder. Elle temporise, patiente, fait la morte, attend l'occasion favorable, et ne renonce jamais à ses projets.
Source : Gallica

Joël Cherbuliez Genève, ses institutions, ses moeurs… (1867)

La polémique va grand train, s'aigrit, s'envenime. A propos de la question peut-être la moins importante, on rallume les vieilles haines de partis, on excite les passions, et la ville finit par être partagée en deux camps ennemis, prêts pour le combat, et ce qui semblait d'abord à peine digne d'être discuté sérieusement, devient l'objet de collisions sanglantes où les citoyens vont risquer leur vie comme s'il s'agissait du salut de la république.
Les étrangers ne comprennent rien à de pareils conflits et croyent Genève perdue. Mais pour les Genevois c'est la chose la plus simple.
Source : Gallica

Joël Cherbuliez Genève, ses institutions, ses moeurs… (1867)

Ainsi Genève, au milieu même de ses discordes civiles, ne cessa point de cultiver avec ardeur les sciences et les lettres. L'orgueil national, malgré ses travers, a ceci de bon qu'il renforce le patriotisme, double l'énergie, surexcite le dévouement dont il exalte l'objet. Les Genevois considéraient, non pas l'étendue de leur patrie, mais son lustre, sa bonne réputation, et s'estimaient égaux, sinon supérieurs aux plus grands peuples, par les bienfaisants résultats de la liberté.
Source : Gallica

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