J. Cherbuliez

Résumé

J. Cherbuliez Revue des Deux Mondes

Certes Genève, avec ses vingt-cinq mille habitans, pouvait être fière d’une pareille renommée. A l’intérieur, sa prospérité matérielle n’était pas non plus en souffrance. Sous un régime d’entière liberté, le commerce et l’industrie se développaient, l’aisance devenait générale, et grâce aux efforts de la charité privée, la misère semblait bannie de cet heureux coin de terre.
Comment donc une révolution est-elle venue tout à coup troubler cette paix et faire disparaître l’union parfaite qui semblait régner entre tous les citoyens de la petite république? Il n’y a pas d’effet sans cause.
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J. Cherbuliez Revue des Deux Mondes

Il est vrai que M. James Fazy s’est vu obligé de subir la loi commune et inexorable qui tôt ou tard atteint tous les agitateurs révolutionnaires. Il a dû, si ce n’est par goût, du moins par politique, satisfaire les exigences des hommes dont l’appui fait sa force. Or, la plupart de ces hommes n’ont que des passions et des instincts, tandis que leur chef affichait la prétention d’avoir des principes ; et, en obéissant à leur impulsion, le gouvernement est entré dans une voie où il ne peut faire un pas sans se heurter contre les écueils de l’arbitraire et de la violence.
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Quoi qu’il en soit, Genève radicale a vu successivement toutes ses liberté, attaquées et amoindries. En échange des bienfaits dont elle jouissait, de l’aven même de M. James Fazy, la révolution lui a donné des douanes, une bureaucratie coûteuse, un grand livre de la dette publique, des centimes additionnels, l’accroissement inévitable des impôts, un présent plein de malaise et d’inquiétude, un avenir inconnu qu’on ne peut s’empêcher de redouter en voyant la décadence de tout ce qui avait fait jusqu’ici le lustre et le bien-être de la petite république.
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