Résumé

Vingt années de l'histoire de Genève… (1849)

En 1536, le triomphe des novateurs était complet à Genève.
Farel commandait en maître, l'Evêque était sur la terre de l'exil; les temples retentissaient de la voix des prédicants, les chants catholiques avaient cessé ; la Cène se distribuait autour d'une table de marbre, les pierres de l'autel servaient de marche-pied au bourreau ; la parole de Dieu, déclarée la seule règle de foi, le principe de l'autorité à jamais détruit; la liberté était acquise, mais aussi l'insurrection glorifiée : la force brutale victorieuse, mais la justice anéantie.
Source : Gallica

Vingt années de l'histoire de Genève… (1849)

Genève ne se plaignit pas moins à la diète ouverte à Payerne de cette levée de boucliers. Le duc protesta qu'il y était demeuré étranger, et fit entendre à son tour les plus fortes récriminations. Il revendiqua la charge du Vidomne, et demanda la rupture du traité de combourgeoisie. Quelques cantons déchirés eux-mêmes par les partis naissants, semblaient disposés à accepter ses propositions ; mais Genève répéta avec fierté : Plutôt mourir que d'y renoncer; et sur une délibération du Conseil des Deux-Cents, on statua la peine de mort contre quiconque oserait proposer l'abandon de l'Alliance.
Source : Gallica

Vingt années de l'histoire de Genève… (1849)

Qui pourrait dire que les premiers prédicateurs de la Réforme à Genève eurent cette brillante auréole? Des ruines et des humiliations, des discordes civiles et religieuses, voilà ce qu'ils accumulèrent dans une ville jusqu'alors paisible et unie par les liens de la foi et d'un patriotisme désintéressé; mais surtout des révolutions, sans cesse renaissantes, voilà ce qu'ils préparèrent pour l'avenir à
un peuple qui n'avait plus la notion véritable Ide l'autorité.
Source : Gallica

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