Résumé

Portrait de Marc Monnier Marc Monnier François Bonivard et Genève au XVIe siècle

Bonivard fut un remarquable écrivain, un érudit d’humeur pensive et rieuse, qui s’inquiétait à ses heures, en artiste et en curieux, de philosophie, de philologie, d’histoire et d’historiettes. Il fut, pour tout dire en un mot, un des prédécesseurs de Montaigne. L’œuvre bigarrée de cet illustre inconnu jette une lumière vive et gaie sur les révolutions de Genève avant la réforme. Quand on l’étudie de près, si le héros diminue, l’écrivain grandit, et c’est tant mieux pour notre siècle, qui a plus besoin d’anciens écrivains que d’anciens héros.
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Portrait de Marc Monnier Marc Monnier François Bonivard et Genève au XVIe siècle

Ce n’est pas qu’il veuille mépriser l’état de noblesse, « car, dit-il, je me mépriserais moi-même, qui en suis, et non pas le premier de ma race, Dieu veuille que n’en sois le dernier ! » mais il est sans pitié pour les parvenus, les bourgeois-gentilshommes, les grenouilles qui veulent se faire aussi grosses que le bœuf.
Bonivard n’étudie pas seulement les titres de noblesse, il étudie aussi les formes de gouvernement.
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Bonivard ne passera jamais pour un chroniqueur véridique : il était homme de parti et homme d’église, trop passionné et trop convaincu pour voir les âmes telles qu’elles étaient, les choses telles qu’elles se passaient. Les écrivains de ce genre, pensant posséder la vérité, ne la cherchent point, ne s’inquiètent pas des faits, croient ceux qui leur vont, rejettent les autres ou les changent. On aurait tort de les appeler menteurs, car il n’est pas besoin de mauvaise foi pour dire le faux, le parti-pris suffit. D’ailleurs Bonivard se distingue des autres par beaucoup de sens et de réflexion
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