Léon Deubel,
La chanson balbutiante : éveils…
(1899)
“ C'est l'heure où l'on bénit la lampe qui vainc l'ombre, Où l'on s'étonne encor d'être encore étonné Comme un enfant devant la vie, aïeule sombre, Qui nous redit toujours son conte suranné : L'invariable celui des douleurs et des peines, Que d'autres ont subi, les yeux hagards et fous, Et que nous écoutons avec l'attente blême Qu'il se fera plus bleu parce qu'il est pour nous. C'est l'heure où le remords qu'affole le silence De la tombe hâtive où l'enfouit l'orgueil, Dans la paix monotone et morne apporte au seuil De soi la volupté longue des lancinances. ”
