Résumé

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La chanson balbutiante : éveils… (1899)

C'est l'heure où l'on bénit la lampe qui vainc l'ombre, Où l'on s'étonne encor d'être encore étonné Comme un enfant devant la vie, aïeule sombre, Qui nous redit toujours son conte suranné :
L'invariable celui des douleurs et des peines, Que d'autres ont subi, les yeux hagards et fous, Et que nous écoutons avec l'attente blême Qu'il se fera plus bleu parce qu'il est pour nous.
C'est l'heure où le remords qu'affole le silence De la tombe hâtive où l'enfouit l'orgueil, Dans la paix monotone et morne apporte au seuil De soi la volupté longue des lancinances.
Source : Gallica

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La chanson balbutiante : éveils… (1899)

Il est ce soir, mon coeur, un jet d'eau svelte en palme, Qui éplore la nuit d'un effort toujours vain, Va vers cet anonyme et sanglotant dessein, Peut-être sa chanson t'apaisera d'un charme.
Il n'en est rien, puisque me voici tout en larmes Dans le lit où somnole un poussiéreux chemin ; Il est resté muet au geste de mes mains Dans le tragique et clos secret de ses alarmes.
L'eau chantante s'élève et choit, inassouvie, Dans un bassin où la lune semble alourdie De tout le poids des eaux tombant en linges flasques.
Source : Gallica

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La chanson balbutiante : éveils… (1899)

O Mort! paisible et souveraine, Délivre-moi d'un corps obscène.
Le soir est beau comme une femme Qui aurait mis tous ses parfums, Le vent pleure comme quelqu'un; Je voudrais assouvir mon âme,
104 LA CHANSON
XX
La mort, là-bas te dresse un lit de joie. Paul VERLAINE (Sagesse) .
Le soir est clos comme une tombe. Tu m'émeus d'une étrange peine, Pesante et pourtant incertaine ; Tristesse de ce soir qui tombe !
Le soir est clos ; mon âme vide Bat des ailes vers une Foi, Mais son envol heurte, pavide, L'opacité d'une paroi.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature