Léon Deubel

Élements biographiques

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La lumière natale : poèmes (1922)

LA LUMIÈRE NATALE 23
INSTANTS DE FÊTE
Comme un enfant craintif j'erre à travers les rues. L'ombre, ainsi qu'un automne, a flétri les visages, Et des paupières d'or d'un azur sans nuages Filtre le long regard des choses disparues.
En vain, je fuis la joie énervante qui rôde Et propage en la nuit sa grossière hystérie. C'est fête. La douleur des cuivres psalmodie... Et l'Ivresse, en haillons, prophétique, clabaude.
Sur la place, où dormaient des silences de lune, La crécelle d'un orgue a repris, une à une, Les valses à la mode en robes de paillons.
Source : Gallica

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La chanson balbutiante : éveils… (1899)

C'est l'heure où l'on bénit la lampe qui vainc l'ombre, Où l'on s'étonne encor d'être encore étonné Comme un enfant devant la vie, aïeule sombre, Qui nous redit toujours son conte suranné :
L'invariable celui des douleurs et des peines, Que d'autres ont subi, les yeux hagards et fous, Et que nous écoutons avec l'attente blême Qu'il se fera plus bleu parce qu'il est pour nous.
C'est l'heure où le remords qu'affole le silence De la tombe hâtive où l'enfouit l'orgueil, Dans la paix monotone et morne apporte au seuil De soi la volupté longue des lancinances.
Source : Gallica

Portrait de Léon Deubel Léon Deubel La lumière natale : poèmes (1922)

Le Passé leur donna l'argenture des trembles, Laisse chanter pour loi ces vers qui te ressemblent, Où mon coeur adora sa lointaine madone.
Lis-les en revivant les heures d'Autrefois, Et qu'une larme encor vienne altérer ta voix, Puisque tu vis dans l'ombre où la douleur pardonne.
LA LUMIÈRE NATALE 53
A L'AUBE
L'HORLOGE (aïeule chevrotante) Je vous dirai le conte adorable du Temps.
L'ENFANT
Tais-toi. Le jour s'éveille et la vitre est d'argent,
La rue passe comme un cortège sous des roses,
Et j'entends s'élever la voix morte des choses.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature