Léon Deubel,
La lumière natale : poèmes
(1922)
“ LA LUMIÈRE NATALE 23 INSTANTS DE FÊTE Comme un enfant craintif j'erre à travers les rues. L'ombre, ainsi qu'un automne, a flétri les visages, Et des paupières d'or d'un azur sans nuages Filtre le long regard des choses disparues. En vain, je fuis la joie énervante qui rôde Et propage en la nuit sa grossière hystérie. C'est fête. La douleur des cuivres psalmodie... Et l'Ivresse, en haillons, prophétique, clabaude. Sur la place, où dormaient des silences de lune, La crécelle d'un orgue a repris, une à une, Les valses à la mode en robes de paillons. ”
