Jean Moréas

Jean Moréas

Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Poèmes et Sylves

Jamais,
me reflammant le sang d’une coupable envie,
l’arc ne sera tendu, ni encochés les traits.
Si la lumière, vois, de l’étoile a baissé,
certes, c’est que le tiers des heures a passé.
Non, non, ne me dis pas : pourquoi ce fol amour ?
Jeune tige, pareille à ce noble palmier
que dans l’âpre Délos Ulysse vit un jour.
Laisse, laisse Cypris à l’horizon descendre,
l’air est tout imprégné du pollen des fleurs tendres ;
ferme tes yeux aimés,
puisque l’ombre qui croît me les a dérobés.
Apollon me chérit, et le fils de Mercure,
le bon Pan corne-bouc, de mon jeune âge eut cure.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Poèmes et Sylves

Ne viens-tu pas, avec ta bouche d’autrefois,
bruire et siffler ton antienne ?
Ne vas-tu pas, à l’allégresse de mes doigts
mêler ton geste, afin que je me ressouvienne !
Depuis les jours, depuis ces jours on m’a tenu
plus sûrement sur les fonds Aganippiques, ô gnome,
et tu pourras savoir par le menu
si j’ai l’âme gaillarde, et pour quel on me nomme ;
car, même dans ta nuit, même battu à tes autans,
d’un gracieux délire :
je dirai le soleil levé, et le printemps,
sur la plus haute corde de la lyre.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Poèmes et Sylves

Et pourtant, ce mauvais garçon, chasseur habile
qui charge son carquois de sagette subtile,
qui secoue en riant sa torche, pour un jour
qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs,
c’est sur un teint charmant qu’il essuie les pleurs,
et c’est encore un dieu, Enone, cet amour.
Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont partis,
et je vois les rayons du soleil amortis.
énone, ma douleur, harmonieux visage,
superbe humilité, doux-honnête langage,
hier me remirant dans cet étang glacé
qui au bout du jardin se couvre de feuillage,
sur ma face je vis que les jours ont passé.
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