Résumé

André Lavier Premières rêveries champêtres, par André Lavier (1858)

De ma vie, Douce amie, Elle fait un vrai printemps.
Elle aimerait l'opulence Au sein de notre maison ; Mais riche de patience Elle dit avec raison : Si la fortune volage D'un long travail est le prix, Attendons quelque héritage En mangeant notre pain bis.
Ma paresse Me caresse Et charme tous mes instants ; De ma vie, Douce amie, Elle fait un vrai printemps.
Désireuse de me plaire, Je l'entends cent fois le jour, Me parler avec mystère De poésie et d'amour ; Et m'entraînant par caprice
Sous les berceaux les plus frais, Elle s'adjoint pour complice La Fontaine ou Rabelais.
Source : Gallica

André Lavier Premières rêveries champêtres, par André Lavier (1858)

Crois-tu réformer les travers De ce monde qui te rejette ?
Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi.
Tes travaux, fruits de longues veilles, Ne rencontreront ici-bas Que des railleurs ou des ingrats, Ou plutôt de sourdes oreilles ;
Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi.
Pénétré d'un amour immense, Rêves-tu le règne du bien ?
Mais ta parole ne peut rien, Et l'on rira de ta croyance : Crois-moi, mon pauvre ami, crois-moi, Chasse les Muses de chez toi.
Source : Gallica

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