Claire Virenque

Résumé

Claire Virenque Les souvenez-vous (1911)

Sonnez, les cloches bien-aimées, Pour que viennent s'épanouir Les roses d'or du souvenir, Devant nos paupières fermées.
Le Passé revient pas à pas, Cloches lentes, au crépuscule, Sonnez, lorsque le jour recule, L'Angelus que l'on dit tout bas :
Cloches des heures abolies,
Sonnez pour ces ensevelies. Cloches des profondes amours, Sonnez toujours, sonnez toujours !
Sonnez quand nos forces s'épuisent,
Dites-nous l'ancien bonheur, Pour que ses rayons de douceur, Comme des étoiles qui luisent, Brillent au ciel de notre coeur !
Source : Gallica

Claire Virenque Les souvenez-vous (1911)

Parfois le désespoir veut pénétrer mon âme :
L'heure est dure, le ciel est gris, tout est méchant ; Mais ma volonté veille, et son geste est si grand Qu'il dévoile au lointain comme un arc qui s'enflamme : Le triomphe est au bout et je marche en chantant.
Parfois une douceur s'insinue en mon être.
Souple, elle glisse ainsi qu'un fleuve de langueur :
Mais ma volonté veille, et d'un geste vainqueur Dissipant le levain qui germe et qui va naître,
Elle crie haut, comme une voix : « Lève ton coeur ! »
Source : Gallica

Claire Virenque Les souvenez-vous (1911)

Hélas ! si la tendresse, un jour abandonnée A cet instinct d'amour qu'on croyait apaisé,
S'incline lentement vers la fleur du baiser,
Elle déplacera toute sa destinée.
Que deux êtres, de coeur également loyal,
Puissent s'aimer un temps dans la joie et la peine, Plus haut que le désir de la nature humaine, En voulant ignorer son ivresse et son mal,
C'est bien : mais si ces coeurs voient à l'autel mystique Le flambeau de l'amour scintiller un matin,
Qu'ils s'éloignent, en pleurs, vers un autre destin,
Sans même se tourner sur leur geste héroïque.
Source : Gallica

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