Leconte de Lisle

Leconte de Lisle

Résumé

Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Revue des Deux Mondes

Plus nombreux que les flots amoncelés aux grèves,
Dans un noir tourbillon de haine et de douleurs.
Tous ces suppliciés des impossibles rêves
Roulaient comme la mer, les yeux brûlés de pleurs ;
Et sombre, le front nu, les ailes flamboyantes,
Les flagellant encor de désirs furieux.
Derrière le troupeau des âmes défaillantes
Volait le vieil Amour, le premier-né des dieux.
De leur plainte irritant la lugubre harmonie,
Lui-même consumé du mal qu’il fait subir,
Il chassait à travers l’étendue infinie
Ceux qui, sachant aimer, n’en ont point su mourir.
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Revue des Deux Mondes

D’où sont nés l’homme antique et l’univers vivant ;
Quand la terre et la flamme et la mer et le vent,
Et la haine et l’amour et le désir sans trêve,
Les larmes et le sang, le mensonge et le rêve,
Et l’éblouissement des soleils radieux
Dans la Nuit immobile auront suivi les Dieux ;
Se faisant un collier de béantes mâchoires
Qui s’entre-choqueront sur ses épaules noires,
Siva, dansant de joie, ivre de volupté,
Ô Mort, te chantera dans ton éternité !
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Revue des Deux Mondes

Qui, joyeux, les cheveux épars, et jamais las.
De l’Orient barbare aux monts de la Hellas,
Loin du rose horizon où souriait l’aurore
Éveillant les cités, les bois, la mer sonore,
Pousses tes étalons hennissans et cabrés
Et franchis bonds par bonds l’orbe des cieux sacrés ;
Puis qui, debout, brûlant à leur plus haute cime,
Baignes tout l’univers d’un seul regard sublime ;
Ô le plus beau des Dieux en qui coule l’Ikhôr,
Entends-nous, Kithariste armé du plectre d’or !
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