Gabriel Vicaire

Gabriel Vicaire

Résumé

Portrait de Gabriel Vicaire Gabriel Vicaire Au pays des ajoncs

Se signe, et frappe Ahès qui roule au premier flot.
D’un brusque mouvement toute la mer recule.
Elle écrase Kéris de son linceul croulant.
À l’horizon des bois se lève un jour sanglant,
Et cette aurore a des reflets de crépuscule.
Gralon chevauche près du saint, l’œil égaré.
Ses mains tremblent de peur et sa vieille âme souffre.
Il a vu son enfant s’abîmer dans le gouffre ;
Il entendra toujours son cri désespéré.
Mais voici qu’au sommet de la plus haute vague
S’allume on ne sait quoi qui scintille en dansant.
Au ras des flots s’égrène un rire éblouissant.
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Portrait de Gabriel Vicaire Gabriel Vicaire Au pays des ajoncs

À cheval, sauve-toi ! Le moment est venu. —
Et Gralon, hors de lui, grelottant, presque nu,
Pleure et crie : — Oh ! ma pauvre ville sans défense !
Tous deux partent sous les éclairs, au son des glas.
Ils vont, ils vont vers le salut, vers la campagne.
La voix terrible de la mer les accompagne ;
Il leur faut enjamber des morts à chaque pas.
Et juste à la même heure, au milieu des décombres
De ces mille palais qui n’ont plus de vivants,
Ahès errait à droite, à gauche, à tous les vents,
Belle en son désespoir, comme l’esprit des ombres.
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Portrait de Gabriel Vicaire Gabriel Vicaire Au pays des ajoncs

Ô douce de mon âme, ô toi qui me rends fou,
J’ai grand désir de voir la clef de vos écluses !
Tu l’as sûrement. — Las ! mon amour, tu t’abuses.
C’est le vieillard Gralon qui le porte à son cou.
En sa chambre de moine, à cette heure, il repose.
Comment faire ? — Vraiment, trembles-tu pour si peu ?
Et dans les yeux d’Ahès il met ses yeux de feu ;
Il baise sa main blanche et ses lèvres de rose.
Gracieux comme un ange au clair du firmament,
Tant la vieillesse avec l’innocence a de charmes,
Le roi dormait, le cœur dolent et tout en larmes.
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