Ferdinand Fabre

Ferdinand Fabre

Résumé

Portrait de Ferdinand Fabre Ferdinand Fabre Feuilles de lierre (1853)

Déjà la mort s'avance...
O mort ! spectre effroyable. Est-il donc vrai qu'un jour tu nous sépareras ? Oseras-tu, levant ton glaive impitoyable.
Immoler cette enfant pâmée entre mes bras ?
Oh ! quand finiras-tu de promener ta haine Sur le troupeau tremblant des malheureux humains ? Tu n'as donc pas encore usé tous tes chemins ?
Quoi ! reste-t-il un mont, reste-t-il une plaine Où tu ne sois passée, aride, hors d'haleine, En brandissant la faux que Dieu mil dans tes mains ? Eh bien ! qu'espères-tu de ta rage indomptée? Se raillant de tes coups, l'humanité poursuit Son but mystérieux
Source : Gallica

Portrait de Ferdinand Fabre Ferdinand Fabre Feuilles de lierre (1853)

Ah ! se peut-il qu'un jour creuse un pareil abime ! Je ressemble à l'oiseau qui, d'une haute cime, Planait sur l'univers.
Qu'un orage soudain surprend loin de son gite, Et des hauteurs des cieux tout à coup précipite Au lit profond des mers.
En haut l'azur du ciel, l'air pur qui souffle et passe, Les rayons du soleil qu'il regardait en face
Comme un rival allier ;
En bas le gouffre amer sans espoir, sans rivage, Et la lame en fureur qui d'un repli sauvage L'enlace tout entier.
Moi, comme cet oiseau qui tombe et n'a plus d'aile.
Source : Gallica

Portrait de Ferdinand Fabre Ferdinand Fabre Feuilles de lierre (1853)

Ce n'est plus moi celui qui l'adore et qui l'aime.
O mon ange si beau !
Désormais seulement mon oeil de pleurs se mouille, Clolilde ! et mes vingt ans sont avec ta dépouille Couchés dans le tombeau !
Je ne suis qu'un vieillard à qui, d'un doigt livide. Le malheur creuse au front une précoce ride :
Qui blanchit en un jour.
Coeur à demi glacé qui se souvient et pleure, Enterré tout vivant dans cette humble demeure. Tombe de mon amour.
Car il est de ces maux qui brisent l'âme humaine, Implacable niveau qui sur nous se promène Emportant nos destins :
Liqueur dans l'urne, hélas !
Source : Gallica

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