Résumé

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les charmeuses ; Les roses d'antan… (18..)

L'étrange illusion du veilleur est si forte Qu'il bondit pour descendre à sa petite porte, Dans le débordement des eaux, prêt à l'ouvrir. Il touche au verrou froid,— il s'apaise, il remonte, Songeant qu'à l'horizon plus d'un navire compte Sur la clarté d'en haut qui ne doit pas mourir.
Elle étouffe son coeur, la pauvre sentinelle,
Dans cette longue nuit qui lui semble éternelle.
Une bande grisâtre annonce enfin le jour.
Le ciel blanchit au large. — On voit clair. — La marée
Comme un mince fil bleu s'est au loin retirée;
Et l'homme, respirant, s'échappe de sa tour.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les charmeuses ; Les roses d'antan… (18..)

Il a vu le soleil, comme une grosse oronge,
Qui là-bas s'enfouit dans l'herbe et disparaît.
Il marche allègrement... le fond du coeur rumine Quelque chose d'heureux... Dans le ciel clair et froid Monte un fil de fumée, un long fil bleu tout droit... Son vieux masque rugueux et tanné s'illumine.
Dans ce pli du terrain où finit l'horizon, Il n'arrivera pas avant la nuit peut-être; Mais il a sur l'épaule un riche feu de hêtre Pour égayer les coins de toute la maison.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les charmeuses ; Les roses d'antan… (18..)

Mais là-haut, dans le ciel, une étrange voix parle, Et semble articuler des mots incohérents, Monologue inquiet d'un cygne ou d'un grand harle Qui cherche dans la nuit ses compagnons errants.
Cette grave clameur descend au marécage Dont le voyageur las a flairé les roseaux. — Plus rien n'émeut le froid et sombre paysage : — Nuit partout, dans le ciel, sur la terre et les eaux.
Source : Gallica

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