Antoine Sauvade

Résumé

Antoine Sauvade En descendant la côte (1928)

Moins ingrat que les humains Nous privant de combustible, Le soleil, à pleines mains,
De ses chauds rayons nous crible...
Notamment la Chandeleur, Qui, pour égayer la terre,
Verse à la fois la chaleur Et l'éclat de sa lumière.
Le printemps vient, on le sent, Et l'hiver, vieillard morose, Ne monte plus, il descend A l'horizon déjà rose..
D'un pas tremblant, d'un pas lourd, Il descend des froides cîmes, Les yeux éteints, le doigt gourd Vers les éternels abimes,
Tandis que, dans le ciel bleu, Monte, en chantant, l'alouette, Et que, pour un hymne à Dieu, La nature entière est prête.
Source : Gallica

Antoine Sauvade En descendant la côte (1928)

Que je la voie aimable et gaie et fière,
D'un pas égal marcher dans la lumière Comme une reine au port majestueux, Qui toujours rit et chante en ses yeux bleus.
A pleines mains donnez comme elle donne, Qu'aucun fleuron ne manque à sa couronne, Qu'elle rayonne et brille, ô Saint-Clément, Comme une étoile en l'obscur firmament !
Loin de ses jours les douleurs et les larmes,
Loin de ses nuits les terreurs, les alarmes ! Et que, sur terre, et qu'au ciel, de bonheur Elle ait sa part : c'est le voeu de mon coeur.
Source : Gallica

Antoine Sauvade En descendant la côte (1928)

J'ai vu sortir les grands oiseaux, Et, à travers les hauts espaces,
Notre oeil inquiet, mais fier pourtant, — De crainte aussi le coeur battant — Suivait leurs glorieuses traces.
2. J'ai vu tomber un grand oiseau Planant naguère dans la nue,
Dont l'aile, hélas ! est descendue. J'ai vu tomber un grand oiseau. C'était le trépas dans la gloire, L'effondrement des trois couleurs ; Mais c'est toujours dans les douleurs Que l'on voit germer la victoire. —
3. Il faut aimer les grands oiseaux Qui vont par-dessus les nuages,
Dans la tempête et les orages..
Il faut aimer les grands oiseaux.
Source : Gallica

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