Robert Honnert,
Les portes du monde
“ L'élan qui fait jaillir l'atome que je suis Du ventre déchiré d'inconnaissables nuits, Retrouve tout d'un coup son but et sa puissance; Dans mon coeur rafraichi bat un nouveau silence; Et pour vous je me sens, à l'angoisse arraché, Conduit vers le secret que je n'ai pas cherché Oui, branches de l'aurore, ô lumières mouvantes, Vous ranimez en moi de saintes épouvantes, C'est le brouillard des morts que j'appelais matin; À peine ai-je connu la moitié du destin, Et si je parle au seuil des clairières nouvelles, C'est que je crains encor qu'elles ne soïent trop belles. ”
