Claude Boyer

Résumé

Claude Boyer Tyridate, tragédie

Je mourais votre prince, et je meurs fils d'Oronte ;
Mais n'ayant pu la fuir, j'abrège au moins ma honte.
Laissez couler ce sang, cet abject, ce vil sang,
Qu'un juste désespoir a tiré de ce flanc,
Je le donne à la reine, au prince, à Bérénice, [1595]
À l'État, plus qu'à tous à ma chère Euridice.
Euridice l'objet de mes plus chers désirs,
Il fallait détester nos voeux et nos soupirs.
Il fallait qu'à l'espoir de mon âme enflammée
Succédât la douleur de vous avoir aimée : [1600]
Vivre avec vous sans vous, aimer et n'aimer pas ;
Mon coeur à ses rigueurs préfère le trépas.
Euridice...
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Claude Boyer Tyridate, tragédie

La Reine
Et je fais mon possible
Pour vous paraître mère, et mère plus sensible,
Mais si ce seul hymen rend vos voeux satisfaits
Résolvez-vous mon fils à ne les voir jamais.
Sans lui nous pouvons vaincre un destin si contraire [815]
Tandis séparez-vous des intérêts d'un frère :
Dont par l'ordre du ciel la vie et la grandeur
Ne sauront compatir avec votre bonheur,
Et qui réduit mon coeur à ce désordre extrême
De le perdre pour vous, ou vous perdre s'il aime. [820]
Tyridate
Ne m'aimez donc jamais s'il faut que votre amour
L'expose à tant de haine et lui coûte le jour.
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Claude Boyer Tyridate, tragédie

Ce secret révélé m'arrache Ariarathe ;
Ah ! Si notre repos vous eût été plus cher,
Pour Tyridate même il fallait le cacher.
Oui, oui pour son repos, pour le mien, pour le vôtre, [875]
Pensez-vous m'ôter l'un sans que vous m'ôtiez l'autre ?
Et qui m'assurera dans ce grand embarras
Si l'un est supposé que l'autre ne l'est pas ?
La Reine
Moi ?
Le Roi.
Vous croirai-je vous sa mortelle ennemie ?
Qui veut tantôt sa mort, tantôt son infamie. [880]
La Reine
Ma haine vous suffit pour démêler leur sort,
Pourrais-je le haïr jusqu'à vouloir sa mort
S'il était votre fils et si j'étais sa mère ?
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