Claude Boyer, Tyridate, tragédie
“ Je mourais votre prince, et je meurs fils d'Oronte ;Mais n'ayant pu la fuir, j'abrège au moins ma honte.Laissez couler ce sang, cet abject, ce vil sang,Qu'un juste désespoir a tiré de ce flanc,Je le donne à la reine, au prince, à Bérénice, [1595] À l'État, plus qu'à tous à ma chère Euridice.Euridice l'objet de mes plus chers désirs,Il fallait détester nos voeux et nos soupirs.Il fallait qu'à l'espoir de mon âme enflamméeSuccédât la douleur de vous avoir aimée : [1600] Vivre avec vous sans vous, aimer et n'aimer pas ;Mon coeur à ses rigueurs préfère le trépas.Euridice... ”
