John-Antoine Nau,
Force ennemie
(1903)
“ La mère Charlemaine grelotte dans sa robe qui ne sèche pas ; mon gardien est d’une humeur affreuse. Plus tard, quand la nuit tombe, c’est bien pis. Les arbres qui défilent devant les vitres prennent des formes monstrueuses dont la folle s’épouvante ; l’eau commence à tomber dans l’absurde guimbarde ; des gouttes lourdes et glaciales arrosent le front et les mains de la bonne femme qui crie de saisissement. Le splendide chapeau-melon n’est plus à l’abri, le journal reçoit plus d’une éclaboussure. Léonard se remet à jurer et la mère Charlemaine recommence à sangloter. ”

