Jean-Pierre Veyrat

Élements biographiques

Portrait de Jean-Pierre Veyrat Jean-Pierre Veyrat,  La Coupe de l'exil, par Jean-Pierre Veyrat (1845)

“ Triste, amer et mordant, plein de fiel et d'orgueil, C'est l'ouragan du soir brisant sur un écueil. ,-On dirait à l'entendre, au fond du noir empire, L'archange de Milton qui pleure et qui soupire.
D'où vient ce chant funèbre ? Est-ce toi, pèlerin, Qui chantes ta douleur sur ce mode d'airain ?
Ah! pour briser ainsi dans des cris d'ironie Cette sublime voix d'amour et d'harmonie, Que n'a-t-il pas fallu, dans tes jours écoulés, De déboires amers et d'amours refoulés?..
Te voilà comme l'aigle, éperdu sur la cime, Quand l'orage a vidé son aire dans l'abîme!
”
Source : Gallica

Portrait de Jean-Pierre Veyrat Jean-Pierre Veyrat,  Station poétique à l'abbaye de Haute-Combe (1847)

“ Ils se sont retirés des fêtes des humains ; Ils ont vu l'avenir dans un lointain sublime ; Entre eux et l'univers ils ont mis un abîme, Et derrière leurs murs coupé tous les chemins.
Par des sentiers perdus, par la route suivie, Ils sont venus des bords extrêmes de la vie; Ceux-ci du désespoir et ceux-là de l'amour, De la joie et des pleurs, du calme et du délire, Du trône et de l'autel, du glaive et de la lyre, Boire au même calice et vivre au même jour.
Que veulent-ils, Seigneur, ces hommes de mystère, Fiers pèlerins qui n'ont pas assez de la terre?
”
Source : Gallica

Portrait de Jean-Pierre Veyrat Jean-Pierre Veyrat,  La Coupe de l'exil, par Jean-Pierre Veyrat (1845)

“ Mon âme est pleine encor. mais ce n'est plus de joie; Ma dernière au courant de l'abîme se noie, Et si mon cœur s'enfuit loin des vains bruits du jour, Ce n'est plus pour chercher un nid à son amour.
Ce qui déborde en moi, c'est, comme dans l'abîme, Un torrent de douleurs tombant de cime en cime, Flots grondants et brisés de mes plus chers bonheurs; C'est le dégoût amer sans parole et sans pleurs ; C'est l'absinthe des jours, la sombre expérience, Le venin corrosif de l'humaine science ; C'est tout ce qui frémit dans un cœur déjà vieux Qui n'a bu que du fiel à la coupe des dieux.
”
Source : Gallica

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