Stuart Merrill

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Résumé

Portrait de Stuart Merrill Stuart Merrill La Société nouvelle

Il lui fut impossible de faire deux parts de son âme, l’une s’exaltant vers la beauté idéale, l’autre se résignant à la laideur réelle. Il fut sincère envers lui-même, donc sincère envers les autres.
Bon, William Morris le fut et par la bonté il s’enrichit l’àme. Ce n’est pas lui qui eût trouvé nécessaire, comme le stérile Barrès, d’inventer un système de psychothérapie pour se donner de la santé morale. Instinctivement, comme les femmes et les enfants, il aima, et ne crut pas se diminuer en aimant. Écoutez cette glorification mystique de l’Amour :
L’Amour suffit.
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L’artiste, dans une pareille géhenne, ne peut être que le courtisan de Ploutos ou de Démos, ou un isolé se consumant en de vaines rêveries. La Beauté, comme l’Amour et la Science, n’est possible que dans une société où serait réalisée la noble devise : chacun pour tous, tous pour chacun. L’Histoire prouve du reste que l’art suprême n’a fleuri que dans les civilisations harmoniques où la chose publique, non pas théoriquement, mais réellement, était l’affaire de tous les citoyens.
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Aimez-vous les uns les autres, non pas en vue d’une récompense céleste, ni même avec l’espoir d’être payé de retour, mais parce qu’une minute de transport sacré éclairera à jamais toute votre vie. William Morris était assez mâle pour ne pas donner à l’amour sa seule signification sexuelle ; il ne le symbolisait pas seulement par l’image des lèvres unies des amants, mais par celle des mains enlacées des amis. L’amour pour lui ne se bornait pas à la recherche de quelques satisfactions charnelles ou sentimentales.
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