Édouard Cavailhon

Résumé

Édouard Cavailhon Impressions du moment, poésies (1879)

La vie est un torrent dont le ciel est la rive, Sache le traverser.
Poète par le coeur, tu ne sais plus sourire. Tout plaisir te déplaît et ton âme soupire
Les accents du malheur. A nous autres plus forts laisse la poésie, Faible femme, ici-bas, laisse-nous son génie....
Il n'est pas le bonheur.
Dans les jardins du monde, ô fleur à peine éclose, Veux-tu, reine flétrie aussitôt que la rose,
Ne vivre qu'un printemps ? Oh ! non. Reste avec nous ; ne vas plus solitaire Rêver à ta douleur, douleur imaginaire
De pensers trop ardents.
Source : Gallica

Édouard Cavailhon Impressions du moment, poésies (1879)

Que ne puis-je passer ma vie Dans le ravon de ta beauté !
XXII
CÉLESTE DÉSIR.
SONNET.
Écuyère hardie, elle serait amante Digne d'être adorée en rêve long et doux, Mais je dois me borner à dire à deux genoux Combien son fier regard me fascine et me lente.
Je voudrais mordre en plein son torse de bacchante Et blêmir dans ses bras. — Poète, y pensez-vous ? Dit-elle en souriant et presque sans courroux. Du sourire au pardon la route est si coulante.
Que je sens naître au coeur une aurore d'espoir. Des lueurs de désir pourront éclore un soir, Par caprice ou pitié, dans son âme blasée.
Source : Gallica

Édouard Cavailhon Impressions du moment, poésies (1879)

Quand mon âme s'envole Vers l'horizon divin qui calme la douleur, De tous anciens désirs je me sens délivrée. Que ferais-je d'un nom pour ne pas le porter? Et par moi pourquoi donc serait-elle enviée, La richesse qu'au ciel ou ne peut emporter ? De ces enivrements mon âme s'est guérie. Ce que je veux de vous, c'est votre repentir. Je veux combattre et vaincre au nom d'une autre vie, Vous gagner à la foi, vous, du doute martyr.
RODOLPHE.
La mort est le seul bien qui nous guérit du doute. Elle ne trompe pas ses plus humbles amants. Va-t'en, je veux mourir.
Source : Gallica

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